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 Qui sont les casseurs ?

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sympatik
Calife


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MessageSujet: Qui sont les casseurs ?   Lun 27 Mar 2006 - 13:40

Ce point de vue avait été publié par Le Monde après la manif lycéenne du 8 mars 2005 et le déferlement de casseurs dans le cortège...
Pas forcément d'accord sur tout, car la lecture des choses me semble quand même très voire trop "marxiste", mais cela peut permettre de lancer la discussion, si le coeur vous en dit.


Citation :
Nouveau lumpenprolétariat et jeunes casseurs
Par Brigitte Larguèze, Frédéric Goldbronn et José Reynes

Pour nous, parents de lycéens agressés le 8 mars, ce qui s’est passé ce jour-là nous laisse un goût amer. A la fois parce que ce sont nos enfants qui manifestaient et qui ont été blessés et traumatisés et parce que nous sommes depuis longtemps engagés dans le combat contre les politiques de relégation dont ces violences sont le résultat.

Mais ce désarroi est aussi redoublé par le silence gêné que l’on observe chez nombre de nos amis politiques, à gauche et à l’extrême gauche, comme si voir et penser cette situation nouvelle dérangeait le confort de leur représentation du monde. A la difficulté de faire partager l’expérience des victimes s’ajoute ainsi le déni de ceux qui devraient en être solidaires.

Nous sommes convaincus que refuser de penser cette réalité revient seulement à laisser les démagogues de tous bords s’en emparer, au risque de l’aggraver.

Ne nous y trompons pas : les violences du 8 mars, loin d’être un incident isolé, sont révélatrices de la crise qui traverse la société depuis de nombreuses années et annoncent de nouveaux lendemains qui déchantent. Si la présence des adultes et des services d’ordre syndicaux, à la manifestation du 15 mars, a permis de contenir de nouvelles agressions, elle n’est en rien une solution.

Nous qui avons fait nos premiers pas dans les luttes sociales à la fin des années 1970 sommes bien placés pour savoir que la jeunesse a besoin d’affirmer son autonomie politique et que les lycéens n’ont pas les moyens de s’auto-organiser efficacement pour affronter cette violence, sauf à se transformer eux-mêmes en milices d’autodéfense, ce que nous ne pouvons leur souhaiter. C’est donc la liberté même de manifester qui est remise en question.

D’abord, il faut rappeler les faits. Ceux qui n’ont pas assisté aux violences du 8 mars ou qui ne sont pas parents de victimes ont du mal à mesurer l’ampleur et la gravité de ce qui s’est passé ce jour-là. Contrairement aux années 1990, il ne s’agit pas d’actes isolés débordant la colère incontrôlée de « casseurs » révoltés, mais d’une violence massive (on parle d’un millier de « casseurs » pour 9 000 manifestants) et dirigée de façon exclusive et systématique contre les manifestants. Visages ensanglantés, filles traînées par les cheveux, lycéens en pleine crise de nerfs, bandes s’acharnant à dix, à coups de pied et de bâton, sur des gamins à terre.

Tous les témoignages décrivent ces scènes de cauchemar. Ce sont des centaines d’agressions qui ont eu lieu le 8 mars et des dizaines de gamins qui se sont retrouvés à l’hôpital, blessés et traumatisés. Sans parler des effets de cette violence sur l’imaginaire social de la jeunesse et de la terreur qu’elle a durablement installée dans l’esprit des plus tièdes. Ce qui a été cassé le 8 mars, c’est la manifestation lycéenne, contrainte de se disperser à mi-parcours, et avec elle la mobilisation des jeunes contre la loi Fillon et une éducation toujours plus inégalitaire.

Ces violences n’auraient pu avoir lieu sans la complicité passive des forces de l’ordre, qui ont assisté aux scènes de lynchage, souvent à quelques mètres, sans intervenir. Tout indique que le gouvernement a laissé faire, dans le but de briser la mobilisation lycéenne, au risque de nombreux dégâts collatéraux. C’est pourquoi nous demandons à ce qu’une enquête parlementaire soit menée pour faire le bilan de ces agressions (nombre d’admissions dans les hôpitaux et gravité des blessures, nombre de plaintes déposées) et la lumière sur le comportement des autorités.

Au-delà de cette question essentielle, il nous faut nous interroger pour comprendre comment des jeunes exclus du système scolaire, pour la plupart issus de l’immigration, en sont arrivés à considérer comme leurs ennemis d’autres jeunes manifestant pour l’égalité des chances. Or, à de rares exceptions près, les analyses proposées par les commentateurs sont incapables d’appréhender la nouveauté de cette situation. Ainsi Esther Benbassa se demande, dans Libération des 26 et 27 mars, si « dans les violences commises à l’égard des manifestants lycéens, il n’y a pas plutôt l’ancienne opposition bourgeois-prolétaires. »

Cette lecture est doublement erronée. D’abord parce que les lycéens qui manifestaient le 8 mars n’étaient pas des « bourgeois », mais venaient essentiellement des couches moyennes et des classes populaires. Les lycéens de banlieue étaient d’ailleurs fortement représentés durant la manifestation et ont eux aussi été victimes des violences. A l’inverse, les écoles d’élite, publiques ou privées, où se reproduit la bourgeoisie, étaient évidemment absentes de la mobilisation.

Les agresseurs ne sont pas plus proches du prolétariat que les agressés de la bourgeoisie. Ils appartiennent plutôt à cette couche d’exclus née de la délocalisation massive du travail ouvrier à partir des années 1970 et de l’éclatement des anciennes solidarités qui y étaient liées. Discriminés par leurs origines sociales et ethniques, relégués dans des ghettos, orientés malgré eux dans des filières sans avenir, certains de ces jeunes plongent dans les mirages de l’économie parallèle et assouvissent leur fantasme de toute-puissance dans l’hyperviolence à la Orange mécanique, dernier réceptacle d’un capital corporel qui ne trouve plus à s’employer.

Exclus du système éducatif, ils le sont aussi des combats pour sa transformation et n’entretiennent plus avec ceux qui luttent que ressentiment et jalousie sociale.

Loin de contester le système, les identités refuges qu’ils se fabriquent au sein de leur sous-culture de ghetto le reproduisent jusqu’à la caricature : conquête de territoires, consommation effrénée de marques, haine de la différence, machisme, cynisme, business, guerre de tous contre tous. Plus que les « prolétaires », ces exclus des exclus rappellent le lumpenprolétariat, cette « armée de réserve du capital » décrite par Marx, qui constituait la « phalange de l’ordre » de Bonaparte ou qui servait d’auxiliaire de choc aux troupes d’Hitler et de Mussolini.

Comme on l’a vu le 8 mars, l’ordre néolibéral se nourrit de cette forme contrôlée d’illégalisme. Utilisée ponctuellement pour briser une manifestation parisienne, cette violence est en général maintenue à la périphérie, mais elle justifie en même temps un quadrillage généralisé et elle est forcément coupée des classes populaires puisque celles-ci en sont les premières victimes. Elle est politiquement sans péril et économiquement sans conséquences. Bouc émissaire de toutes les inquiétudes sociales, elle permet de fabriquer un « ennemi intérieur » face auquel l’Etat peut se constituer comme garant de l’ordre et justifie d’autant l’apartheid social et la logique sécuritaire qui en est le corollaire.

Le racisme est évidemment une composante de ce ressentiment. Tous les témoignages sur le 8 mars le corroborent et certains des agresseurs le revendiquent. Si, et il est essentiel de le souligner, nombre de manifestants étaient eux-mêmes issus de l’immigration, les bandes qui les attaquaient étaient bien des bandes ethniques. Elles traquaient surtout les « petits Blancs » et de préférence les petits blonds, même si elles ne se gênaient pas pour frapper les lycéens de couleur qui s’interposaient, traités de « suceurs de Blancs » pour l’occasion.

A défaut de nous plaire, ce constat ne devrait pas nous surprendre. Pourquoi les Juifs, les Arabes ou les Noirs, qui subissent l’explosion du racisme, comme viennent de le confirmer les travaux de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, ne deviendraient-ils pas, pour certains, racistes à leur tour à l’encontre de ces « petits Blancs » érigés en victimes expiatoires de leur exclusion sociale ?

L’histoire nous démontre que la pulsion raciste, l’exclusion de l’autre, et son contraire, le dépassement de l’altérité par l’affirmation d’une société commune, n’ont cessé de se livrer une lutte sans merci en tous lieux et depuis l’aube de l’humanité. La bête immonde sommeille en chacun et l’éclatement communautariste qui accompagne la barbarie libérale lui prépare encore de beaux jours.

Voir et penser ce racisme à l’envers est nécessaire pour comprendre le degré de fracture au sein de la jeunesse. Il ne s’agit en aucun cas de stigmatiser l’ensemble des jeunes issus de l’immigration, qui dans leur immense majorité ne le partagent pas. C’est pourquoi nous dénonçons l’appel lancé il y a quelques jours contre le « racisme et les ratonnades anti-Blancs », qui surfe sur le traumatisme du 8 mars pour collecter des signatures auprès des lycéens.

Comme le racisme est protéiforme, l’antiracisme est indivisible. Contre les démagogues communautaristes qui cherchent à mettre en concurrence la mémoire des crimes coloniaux et des génocides, et qui tentent d’instrumentaliser les souffrances du présent pour nous diviser, notre seule force est la réaffirmation, ici et maintenant, d’une communauté humaine possible.

Nous avons appris dans notre jeunesse que la notion de race n’avait pas de fondement scientifique et nous avons éduqué nos enfants pour en faire des citoyens du monde. Ni blancs, ni blacks, ni beurs, notre identité n’est pas seulement faite de nos origines, mais de ce que nous faisons de nos vies. Encore faudrait-il que ce monde accueille des citoyens libres et égaux. Pour l’heure, nous en sommes à la résistance, et, comme le disait Jean-Luc Godard dans son Eloge de l’amour, « il n’y a pas de résistance sans mémoire et sans universalisme. »

Tribune publiée par le quotidien Le Monde du 1er avril 05

Post-scriptum - L’appel, publié à l’initiative du mouvement sioniste Hachomer Hatzaïr et Radio Shalom, et signé entre autres par Alain Finkielkraut, Jacques Julliard et Bernard Kouchner, établit un parallèle entre l’agression subie il y a deux ans, le 26 mars 2003, par quatre jeunes d’Hachomer Hatzaïr, en marge d’une manifestation contre la guerre en Irak et les violences du 8 mars. Or, si l’agression contre les jeunes d’Hachomer Hatza&ïr est ignoble et révélatrice des dérives antisémites de certains militants pro-Palestiniens, les violences du 8 mars expriment un « racisme social » d’une toute autre nature. Cette tentative de récupération communautariste ne peut que rajouter à la confusion.

Note - Ce post-scriptum n’a pas été publié par le quotidien Le Monde...


http://infos.samizdat.net/article327.html

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sympatik
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Lun 27 Mar 2006 - 15:03

Des témoignages inquiétants sur l'ultra violence des casseurs, a priori déconnectée de toute revendication "politique" au sens large (on semble loin des "katangais" de mai 68 ).

Citation :
lundi 27 mars 2006, 12h33
Manifs anti-CPE: les journalistes d'images cibles des casseurs

PARIS (AFP) - Photographes de presse et cameramen, témoins directs des violences qui accompagnent désormais les manifestations anti-CPE, sont eux-mêmes pris pour cibles par de très jeunes gens qui veulent "casser du journaliste", selon plusieurs témoignages.
Jeudi, sur l'esplanade des Invalides, la manifestation contre le contrat première embauche arrive à sa fin. Un groupe de 10 à 20 photographes et cameramen veut traverser la place: des voitures flambent de l'autre côté.

C'est alors qu'"une centaine de gars nous ont chargés, avec une haine!". "On a couru, on ne pouvait rien faire", raconte Jack Guez, photographe de l'AFP. Lui reçoit un pavé dans le dos. Le matériel d'un collègue est attrapé, cassé.

Un autre photographe de l'agence, Thomas Coex, qui s'était isolé du groupe pour prendre un cliché, encaisse un coup de pied, par derrière également. "J'ai volé par terre, reçu des coups de pied dans les épaules, les cuisses", dit-il. "Je me suis relevé assez rapidement, (les agresseurs) se sont enfuis, je ne sais pas pourquoi. J'ai eu beaucoup de chance".

Quelques instants plus tard, un "gamin" se rue sur un photographe indépendant, Georges Mérillon, un tee-shirt enflammé à la main, témoignent Christophe Simon, responsable du reportage photo à l'AFP et un confrère de l'agence Abaca, connu sous le pseudonyme de Mousse. Georges Mérillon est protégé par son casque et sa veste rembourrée.

"Ce sont des gamins de 15 ans hyper-violents face auxquels tu ne peux pas te défendre tout seul", remarque Eric Hadj, de l'agence Sipa. Les coups viennent souvent par derrière, ou bien sont distribués au passage, en courant. "Ils frappent les appareils pendant qu'on travaille, ils les attrapent et te tirent sur plusieurs mètres".

Lors des dernières manifestations, "on était vraiment pris à partie, autant que les étudiants", indique le photographe, pour qui ces "gosses de banlieue" reprochent aux journalistes de ne s'intéresser à eux que lorsqu'ils se montrent violents.

"Ils voulaient casser du journaliste", enchaîne Jack Guez. Certes, ces jeunes "savent que les images peuvent être des pièces à conviction", ajoute le photographe de l'AFP, mais la violence des jeunes casseurs dépassait selon lui largement ce type de préoccupations.

"J'ai vu une gamine en train de se faire piétiner par terre", dit-il. "Je couvre des manifs depuis 15 ans, et je n'ai jamais vu une telle haine".

Agés de 15 à 18 ans, voire moins, les quelques centaines d'adolescents cagoulés, dont de nombreuses filles, ont débarqué des banlieues pour ces raids violents accompagnés de vols, selon tous ces témoignages.

"C'était la chasse aux téléphones portables, aux sacs à dos et aux photographes", résume Jack Guez.

"Il y avait beaucoup de méchanceté, des actes violents, gratuits, infondés", souligne Thomas Coex. "D'un seul coup, ils jetaient leur dévolu sur des gens, comme ça, sans raison, se jetaient à 10, 15, 20 sur eux, les tapaient, leur arrachaient ce qu'ils avaient et s'égaillaient", en quelques secondes.

"C'est un jeu", dit-il. "On court, on massacre quelqu'un et surtout, on fait peur. C'est un jeu sans règles et qui finit mal, pas du tout un acte politique".

Une forme de violence courante dans les banlieues, où on cible quelqu'un qui paraît vulnérable, isolé, "on lui tombe dessus à 50, on le frappe et on le dépouille", remarque Mousse.

"Ils n'ont rien à perdre", relève Eric Hadj. "Au contraire, on parle d'eux. Ils se font remarquer, ils sont forts, ils existent".

http://fr.news.yahoo.com/27032006/202/manifs-anti-cpe-les-journalistes-d-images-cibles-des-casseurs.html


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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Lun 27 Mar 2006 - 18:31

Le premier document me dégoûte profondément .
Citation :
Le racisme est évidemment une composante de ce ressentiment. Tous les témoignages sur le 8 mars le corroborent et certains des agresseurs le revendiquent. Si, et il est essentiel de le souligner, nombre de manifestants étaient eux-mêmes issus de l’immigration, les bandes qui les attaquaient étaient bien des bandes ethniques. Elles traquaient surtout les « petits Blancs » et de préférence les petits blonds, même si elles ne se gênaient pas pour frapper les lycéens de couleur qui s’interposaient, traités de « suceurs de Blancs » pour l’occasion.

A défaut de nous plaire, ce constat ne devrait pas nous surprendre. Pourquoi les Juifs, les Arabes ou les Noirs, qui subissent l’explosion du racisme, comme viennent de le confirmer les travaux de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, ne deviendraient-ils pas, pour certains, racistes à leur tour à l’encontre de ces « petits Blancs » érigés en victimes expiatoires de leur exclusion sociale ?
Pour le deuxième , il est évident qu'il y a deconnexion de revendications politiques précises . Mais sans nul doute , un pressentiment trés aigu de ce qui les attend , ces futurs laissés pour compte .
Plus rien à cirer , on bousille tout , puisque rien n'est pour nous . Et cela , c'est difficile de le nier .
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Lun 27 Mar 2006 - 18:56

Admiratrice a écrit:
Le premier document me dégoûte profondément .

???
Excuse moi mais la réponse est vraiment un peu courte et l'extrait que tu cites me semble pas mal tronquer la pensée exprimée par les auteurs.
Je suis tout sauf un natio, un ED ou un nazillon refoulé mais je crois que c'est jouer l'autruche que de refuser d'admettre l'existence d'une violence s'exprimant au moins en partie sur fond de communautarisme (et de rejet de ceux censés diriger la société, les blancs en général et les juifs en particulier).
On ne va pas jouer au jeu sans fin du "cause ou conséquence ?" mais ça me semble une réalité hélas incontestable.
Ma soeur, encartée au PCF et prof dans un collège du 9-3, m'a raconté avoir été un peu stupéfaite par les réponses de ses classes quand il est question de la nationalité française ou de l'appartenance à la France... ses élèves à qui elle serine à longueur de temps qu'ils sont Français se ressentent davantage comme algériens, maliens, musulmans... il y a quand même un problème quelque part et une coupure entre certains jeunes issus de l'immigration et les autres.

Quant au reste de l'analyse de ces parents d'élève "communisants" que j'ai postée, elle ne me semble pas à jeter non plus.
Quitte à te faire bondir derrière ton clavier, je suis au regret de te dire que les 1ères troupes de choc des nazis en Allemagne étaient les SA (largement constituées de ce fameux lumpenprolétariat cité par Marx), idem pour les chemises noires mussoliniennes, avant leur éviction parfois sanglante (cf la nuit des longs couteaux).
Voir des casseurs qui cherchent simplement à s'approprier des biens de consommation pour mieux se situer, au fond, dans le système, ça ne me semble pas du tout une motivation noble ni une aspiration à une société meilleure.
Et sans aller jusqu'à dire qu'ils sont les complices objectifs de la droite au pouvoir (ou son "armée de réserve") comme les auteurs du texte, je reconnais moi-aussi un grand malaise face à leur attitude qui a pour conséquence de casser non pas les inégalités du capitalisme mais un mouvement social de résistance à ce capitalisme.

Admiratrice a écrit:
Pour le deuxième , il est évident qu'il y a deconnexion de revendications politiques précises . Mais sans nul doute , un pressentiment trés aigu de ce qui les attend , ces futurs laissés pour compte .
Plus rien à cirer , on bousille tout , puisque rien n'est pour nous . Et cela , c'est difficile de le nier .

Tu appelles ça "tout bousiller", toi, de s'en prendre à 10 ou 15 contre 1 à un(e) manifestant(e) pour le (la) dépouiller de son portable ???
Shocked
Pour moi, cette ultra violence, souvent gratuite et toujours pratiquée en groupe, selon les témoignages des photographes de presse, est davantage proche du fascisme que de l'anarchisme... et une fois encore, les fascistes étaient pour l'essentiel des laissés pour compte, à la base (avant d'être utilisés par le patronat contre la gauche, cf le "plutôt Hitler que le Front Populaire" de la bourgeoisie de droite).

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Moranion
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Lun 27 Mar 2006 - 19:23

Sympatik, je vois plutôt cette violence gratuite comme la suite logique du système : un libéralisme se limitant à une absence de règles dans l'économie, associé à la prépondérance de ce système économique sur le système social*.
Et, puisque l'absence de règles est la norme dans le système directeur de la société, comment le système social, asservi au système économique, pourrait-il se comporter différemment ?
En conséquence, puisque socialement parlant, toute règle est abolie, la violence devient donc un moyen de s'affirmer socialement, un moyen comme un autre.

un petit slogan qui me vient : nous sommes passés, en 20 ans, d'un projet de société, à un projet d'entreprise Idea



* Tu remarqueras d'ailleurs que les lib sont toujours proches, socialement, d'une vision répressive : étant aveuglés par leur vision purement économique de la société (vision dans laquelle, je crois, l'absence de règles est peut-être ce qu'il y a de moins pire), ils n'ont que cette solution pour limiter les dégats de leur idéologie.
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Lun 27 Mar 2006 - 20:14

Moranion a écrit:
Sympatik, je vois plutôt cette violence gratuite comme la suite logique du système : un libéralisme se limitant à une absence de règles dans l'économie, associé à la prépondérance de ce système économique sur le système social*.

Mais bien sûr, nous sommes d'accord là-dessus.
Et pour répondre à ton astérisque, le propre de l'Etat libéral est de se résumer aux fonctions régaliennes (police, défense, justice) sans intervention ou presque dans les domaines sociaux ou économiques (la charité des riches plutôt que les impots pour financer des hopitaux, bref le modèle américain dans toute sa "splendeur").
Seulement, les casseurs ne remettent pas en cause le libéralisme en s'appropriant les signes de ce libéralisme (hyper consommation et influence "culturelle" américaine, comme dans le cas du rap) et c'est bien là le problème !

Moranion a écrit:
Et, puisque l'absence de règles est la norme dans le système directeur de la société, comment le système social, asservi au système économique, pourrait-il se comporter différemment ?
En conséquence, puisque socialement parlant, toute règle est abolie, la violence devient donc un moyen de s'affirmer socialement, un moyen comme un autre.

L'explication peut tenir quand on voit le caillassage des flics, des pompiers voire des journalistes, symboles qu'ils le veuillent ou non d'un "système", qui dépasse le cadre de l'Etat.
Mais ça ne me paraît pas répondre à la problématique des violences "gratuites" ou visant à dépouiller des manifestants dont on peut en outre quand même se demander s'ils ne sont pas ciblés parce que blancs de peau (et donc supposés bourges ou riches).

Moranion a écrit:
un petit slogan qui me vient : nous sommes passés, en 20 ans, d'un projet de société, à un projet d'entreprise Idea

1ère remarque, sous forme de clin d'oeil: ce forum est précisément né en partie pour tenter de batir un projet de société !
Plus sérieusement, j'aimerais savoir en quoi les casseurs qui s'en prennent à des manifestants anti-CPE construisent quoi que ce soit... quels sont leurs rêves ? Gagner du pognon en frimant dans une Porsche entourés de quelques bimbos aux seins silliconés ou militer pour une société + égalitaire et moins discriminante, à l'instar de la "marche des beurs" des années 80 ?
J'ai hélas le sentiment que la réponse n'est pas celle que l'on souhaiterait sans doute tous, au fond de nous.
No

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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Lun 27 Mar 2006 - 22:54

Je ne fais que passer en vitesse , je ne relève donc qu'un point de ton post ce soir :
Citation :
Quitte à te faire bondir derrière ton clavier, je suis au regret de te dire que les 1ères troupes de choc des nazis en Allemagne étaient les SA (largement constituées de ce fameux lumpenprolétariat cité par Marx), idem pour les chemises noires mussoliniennes, avant leur éviction parfois sanglante (cf la nuit des longs couteaux).
Tout cela ne me semble pas correspondre , il y avait à cette époque une vraie idéologie derrière .
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Mar 28 Mar 2006 - 12:09

sympatik a écrit:
Seulement, les casseurs ne remettent pas en cause le libéralisme en s'appropriant les signes de ce libéralisme (hyper consommation et influence "culturelle" américaine, comme dans le cas du rap) et c'est bien là le problème !

une partie seulement des symboles... (suite après)

Moranion a écrit:

L'explication peut tenir quand on voit le caillassage des flics, des pompiers voire des journalistes, symboles qu'ils le veuillent ou non d'un "système", qui dépasse le cadre de l'Etat.
Mais ça ne me paraît pas répondre à la problématique des violences "gratuites" ou visant à dépouiller des manifestants dont on peut en outre quand même se demander s'ils ne sont pas ciblés parce que blancs de peau (et donc supposés bourges ou riches).

C'est justement là où se trouve la différence: la consommation étant la seule voie d'expression autorisée, quand on ne peut consommer, on en trouve un autre: la violence contre tout ce qui fait partie du système

Citation :
Plus sérieusement, j'aimerais savoir en quoi les casseurs qui s'en prennent à des manifestants anti-CPE construisent quoi que ce soit... quels sont leurs rêves ? Gagner du pognon en frimant dans une Porsche entourés de quelques bimbos aux seins silliconés ou militer pour une société + égalitaire et moins discriminante, à l'instar de la "marche des beurs" des années 80 ?
J'ai hélas le sentiment que la réponse n'est pas celle que l'on souhaiterait sans doute tous, au fond de nous.
No

Pas mieux. Toutefois, ils n'ont après tout qu'une quinzaine d'années de retard, ce modèle était celui triomphant des années 80 et début 90
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Mar 28 Mar 2006 - 18:26

Admiratrice a écrit:
Tout cela ne me semble pas correspondre , il y avait à cette époque une vraie idéologie derrière .

Détrompe toi... le fascisme, à la base, c'était comme le boulangisme de la fin du XIXe en France, un rassemblement de mécontents plutôt inorganisés politiquement, qui s'en prenait aux syndicalistes (à qui les chemises noires faisaient boire de l'huile de ricin).
Alors, ok, la substantielle différence est que les casseurs n'ont pas de chef ni quelqu'un qui tente de récupérer leur "mouvement" (?) à des fins politiques.
Mais, sociologiquement, je pense qu'on peut voir pas mal d'analogies avec les troupes composées de petites frappes qui formaient le gros de la marche sur Rome.
Et ce que je vois, en tout cas, c'est que les casseurs vont à l'encontre du mouvement social et syndical, par leur attitude, et qu'ils se font donc les complices des tenants d'un système qu'ils ne semblent pas vouloir transformer mais dont ils voudraient seulement profiter.

Du coup, on se retrouve avec ce genre de dépêches AFP...

Citation :
CPE: incidents en marge de la manifestation parisienne

PARIS (AP) - Des incidents ont éclaté mardi en fin d'après-midi entre plusieurs dizaines de jeunes casseurs et le service d'ordre de la CGT, place de la République à Paris, alors que le défilé contre le contrat première embauche (CPE) arrivait à son terme.

Une cinquantaine de membres du service d'ordre de la CGT, munis de matraques souples, ont chargé vers 16h30 plusieurs dizaines de jeunes qui tentaient de soulever la grille d'un magasin de lingerie, a-t-on constaté sur place. Le service d'ordre a dispersé les jeunes, bousculant et frappant également les photographes et cameramen qui prenaient des images de la scène.

Un groupe d'une centaine de jeunes, certains masqués, a ensuite chargé le service d'ordre, qui a dispersé les fauteurs de trouble à l'aide de bombes lacrymogènes.

Le calme est revenu quelques instants plus tard, alors que la place de la République se noircissait de monde, arrivant depuis la place d'Italie. mais l'ambiance restait très tendue sur place.

http://fr.news.yahoo.com/28032006/5/cpe-incidents-en-marge-de-la-manifestation-parisienne.html


Et je dois admettre que je comprends parfaitement l'attitude du SO de la CGT... c'est quand même triste d'en arriver là.

Moranion a écrit:
C'est justement là où se trouve la différence: la consommation étant la seule voie d'expression autorisée, quand on ne peut consommer, on en trouve un autre: la violence contre tout ce qui fait partie du système

Une fois encore, en quoi de jeunes lycéennes ou étudiantes font-elles partie du système pour qu'il puisse hélas se trouver une 15aine de connards finis capables de les frapper au sol pour leur arracher leur sac à main ?
Excuse moi mais je crois que tu passes à côté de quelque chose, avec une telle analyse, beaucoup trop basique, selon moi.
Les casseurs violent la fraternité inscrite au fronton de notre République alors que les manifestants étudiants ne sont en rien responsables de leur stigmatisation par un Sarkokarcher, ils se trompent a priori complètement de combat et de cibles. A condition évidemment qu'ils aient un but autre que celui, primaire, de se faire de la thune facile en dépouillant les + faibles.
Et je répète une fois encore que je ne sens hélas pas de but dans leur démarche...
Quant aux conséquences de cette démarche, je renvoie à la dépêche citée + haut, les SO syndicats se retrouvent obligés de "faire la police" parfois avec violence.
Merde !
Evil or Very Mad

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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Mer 29 Mar 2006 - 18:59

Revenons à ta comparaison .
Si je rassemble mes quelques souvenirs ,je me souviens que les jeunes SA , au début des années 20 , avaient une véritable dévotion pour leur leader et la conscience trés aigüe de l'idéologie nationale-socialiste .
Leur fonction était politique : protéger Hitler . Is étaient donc investis d'une mission bien précise . Et ils protégeaient les réunions du parti à coups de matraque et de couteau et dés les débuts d'Hitler .
Donc , une ligne de conduite politique , une idéologie forte , une dévotion sans faille à une idéologie spécifique .
Rien de tel avec les bandes de casseurs .
Ce qui les caractérise , c'est qu'ils crachent sur tout , y compris la politique .
Violents , oui , ils frappent ce qui passe à leur portée pour piquer des portables (minable), mais il faut raison garder , ces bandes ne jouent pas du couteau . Ils se font fait virer à coups de pied au cul par les services d'ordre des manifs . Ce ne sont pas des bandes armées qui viennent casser le mouvement social (qu'ils ne casseront pas d'ailleurs), ces bandes viennent avec leurs pieds et leurs poings .
Je n'imagine pas ces bandes de jeunes (beaucoup d'ados) se faire récupérer en masse , politiquement .
Je considère même qu'ils ont montré leur indifférence à l'islam durant l'affaire des caricatures , puisqu'ils n'ont pas bougé une oreille , à cette occasion .
Des voyous désoeuvrés , de la petite crapulerie .
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Jeu 30 Mar 2006 - 13:52

Admiratrice a écrit:
Rien de tel avec les bandes de casseurs .
Ce qui les caractérise , c'est qu'ils crachent sur tout , y compris la politique .

D'accord avec toi, c'est pour ça que je parlais de "substantielle différence" avec les fascistes dans mon précédent post.
Mais n'en reste pas moins que ce mouvement non organisé et sans but des casseurs va en ce moment à l'encontre de la mobilisation sociale et syndicale, au lieu de la rejoindre.
Et je trouve ça quelque peu inquiétant, je l'avoue.

Admiratrice a écrit:
Ce ne sont pas des bandes armées qui viennent casser le mouvement social (qu'ils ne casseront pas d'ailleurs), ces bandes viennent avec leurs pieds et leurs poings .

Là encore, ce que tu écris est vrai au sujet des motivations, les casseurs ne viennent pas dans le but de casser le mouvement social.
Mais les participants des manifs deviennent quand même des cibles au même titre que les flics, et des cibles même + faciles car + faibles.
C'est ce point que je ne peux parvenir à comprendre, malgré tous mes efforts. Comme je reconnais aussi n'avoir jamais compris les incendies ou saccages d'écoles, qui renvoient Hugo (et sa célèbre déclaration sur les écoles plutôt que les prisons) aux oubliettes.

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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Jeu 30 Mar 2006 - 22:34

La semaine dernière, je me suis promené dans le quartier de la sorbonne quelques minutes avant les emeutes, et je peux dire que j'avais rarement vu autant de cranes rasés...
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Ven 31 Mar 2006 - 15:21

sympatik a écrit:

Une fois encore, en quoi de jeunes lycéennes ou étudiantes font-elles partie du système pour qu'il puisse hélas se trouver une 15aine de connards finis capables de les frapper au sol pour leur arracher leur sac à main ?
Excuse moi mais je crois que tu passes à côté de quelque chose, avec une telle analyse, beaucoup trop basique, selon moi.
Les casseurs violent la fraternité inscrite au fronton de notre République alors que les manifestants étudiants ne sont en rien responsables de leur stigmatisation par un Sarkokarcher, ils se trompent a priori complètement de combat et de cibles. A condition évidemment qu'ils aient un but autre que celui, primaire, de se faire de la thune facile en dépouillant les + faibles.
Et je répète une fois encore que je ne sens hélas pas de but dans leur démarche...
Quant aux conséquences de cette démarche, je renvoie à la dépêche citée + haut, les SO syndicats se retrouvent obligés de "faire la police" parfois avec violence.
Merde !
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Justement, donc, il n'y a pas d'autre but. Or quelle est l'idéologie qui met comme but ultime la possession et l'augmentation de celle-ci, quels qu'en soient les moyens Wink ?
Bien sur qu'ils se trompent de cible s'ils cherchaient à se battre contre un système individualiste, mais, même s'ils pensent le faire (ce dont je doute), ils n'en sont que la composante la plus brutale
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Ven 31 Mar 2006 - 20:51

Citation :
Qui sont les casseurs ?
Les mêmes qui ont mis le feu à une handicapée dans un bus, qui ont lynché un type pour son appareil photo, qui ont brulé vif un poney dans un centre pour enfants défavorisés, qui détruisent les écoles maternelles, qui se mettent à 10 contre 1 pour un portable, qui saccage les trains, qui rackettent les voyageurs... bref une sale engeance sans foi ni loi... pas vu, pas pris.... jamais puni ..... et lâche.
Citation :
"J'ai vu une gamine en train de se faire piétiner par terre", dit-il. "Je couvre des manifs depuis 15 ans, et je n'ai jamais vu une telle haine".
Il faudrait peut-être changer la musique, et les traiter comme ils traitent les autres... ça leur ferait le plus grand bien. Ils n'ont aucune excuse Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Mar 18 Avr 2006 - 13:15

Attention à ne pas excuser la barbarie sous prétexte de ne pas faire le jeu du racisme.
Un barbare qui tue un vieux monsieur ou qui piétine une dame ne peut être perçu comme un combattant social puisqu'il fait du mal à un semblable, pas à un puissant. UN casseur est un casseur mais il ne porte aucun message ni aucun dialogue, ou alors un dialogue très primaire qui n'a pas de place dans nos sociétés.
Cette stratégie de vouloir minimiser ces actes ou de vouloir les comprendre ne peut que déstabiliser les jeunes courageux et entreprenants.
Il y a la peur de penser que les téléspectateurs pourraient devenir racistes si on "enfonce" ces casseurs dont certains sont immigrés. Or pour lutter contre le racisme, il faut montrer tous ceux qui ont réussi à leur niveau, qui s'en sont sortis et non pas ceux qui adoptent des comportements barbares !
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Mar 18 Avr 2006 - 14:28

Citation :
Attention à ne pas excuser la barbarie sous prétexte de ne pas faire le jeu du racisme.

Attention à ne pas employer le terme "barbarie" de façon inconsidérée et à toutes les sauces .
Durant ces manifs , il y a eu des casseurs , pas des barbares .
Les mots ont leur importance , ils sont porteurs de sens et créent une réalité .
Il faut donc les utiliser lorsque celà est justifié .
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Mar 18 Avr 2006 - 18:41

Admiratrice a écrit:
Durant ces manifs , il y a eu des casseurs , pas des barbares .
Il y en a eu trop..... des barbares Evil or Very Mad
photos journalistiques à l'appui
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lomig
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Lun 22 Mai 2006 - 12:41

Merci Admiratrice de dire que les mots sont importants...

Est barbare celui qui croit à la barbarie...

Pour ceux qui ne comprennent pas, Levi-Strauss a montré que ceux qui sont considérés comme des barbares sont toujours les "ennemis" (et ceux qui parlent de barbarie se croient toujours meilleurs que les autres).

Parler de barbarie, c'est se créer des ennemis, mais la barbarie n'existe pas!!! La seule chose qui existe, c'est l'incompréhension des gens qui regardent la télé!!! (et c'est aussi de la faute de la télé qui fait pas assez d'analyses)

Utiliser le terme "barbarie", c'est signifier, par un argument culturaliste FALLACIEUX, que nos coutumes divergent, et comme le dirait Desproges, dix verges, c'est énorme. Restons sérieux, "barbare", c'est dire que "ce sont des gens qui vivent pas comme nous", qu'il faut mettre à la porte.

La deuxième version de la barbarie, ce sont des sauvages à rééduquer... des gens sans repères, vivant en pleine anomie... encore un mythe...

Il faut admettre que quand l'Etat ENGAGE UN RAPPORT DE FORCES, alors il se peut qu'il y ait une réponse dans la rue.

Etant donné que l'Etat a le monopole de la violence physique légitime (et je rajouterais: surtout la violence symbolique), il est normal qu'en augmentant la tension entre lui et les gouvernés, il y ait de la casse. La violence symbolique a souvent comme réponse la violence physique.

D'où il faut que l'Etat apprenne à canaliser sa violence...

Je reviens à certaines assertions débiles (oui, les mots sont importants), comme celle où l'on apprend que les casseurs pratiquent la "violence gratuite", et celle où l'on apprend que les casseurs=barbares c'est tous les mêmes, à partir du moment où ils volent un portable, tabassent un jeune, cassent du matériel, etc.

Alors, il me semble que je suis en face de mal-comprenants.
La violence n'est jamais gratuite
Il y a toujours des motifs ou des motivations. Après, vous comprenez pas pourquoi, c'est autre chose. Mais ne parlez pas de gratuité juste parce que vous comprenez pas quelque chose.

Cette gratuité qui vous permet ensuite de tout mettre dans le même sac pour pas grand chose.

L'indignation morale dont vous vous faites les échos pourrait ne pas faire l'économie de la compréhension. On est + d'1 an après et vous restez sur le registre moral. Je vous demande juste de comprendre.

Ce q'il faut y voir, ce n'est pas simplement une violence "aveugle", mais bien une forme de racisme organisé autour du sentiment d'exclusion et de cette réalité. Forcément, ce stigmate qu'on ne peut renverser pour soi, on le renverse chez l'autre: il devient un riche.

Esther Benbassa n'a pas tort lorsqu'elle parle de la vieille opposition bourgeoisie prolétariat. Mais il ne s'agit plus de classes sociales, mais de catégories bien plus difficilement objectivables, mais stigmatisées très durement selon leur visage, leur nom, leur lieu de vie.
C'est une forme de rage, de haine, que les politiques instrumentalisent sans comprendre, pour servir leurs intérêts électoralistes, Sarkozy en tête.[/u]
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Sam 10 Juin 2006 - 14:19

lomig a écrit:

Etant donné que l'Etat a le monopole de la violence physique légitime (et je rajouterais: surtout la violence symbolique), il est normal qu'en augmentant la tension entre lui et les gouvernés, il y ait de la casse. La violence symbolique a souvent comme réponse la violence physique.

En quoi cela explique-t-il les descentes au sein des manifs étudiantes ou lycéennes pour pratiquer le vol en bande organisée de portables ou de balladeurs mp3, à 10 contre 1 ???
Désolé mais je ne vois pas le rapport avec la violence d'Etat, là...

lomig a écrit:
Je reviens à certaines assertions débiles (oui, les mots sont importants), comme celle où l'on apprend que les casseurs pratiquent la "violence gratuite", et celle où l'on apprend que les casseurs=barbares c'est tous les mêmes, à partir du moment où ils volent un portable, tabassent un jeune, cassent du matériel, etc.

Alors, il me semble que je suis en face de mal-comprenants.
La violence n'est jamais gratuite
Il y a toujours des motifs ou des motivations. Après, vous comprenez pas pourquoi, c'est autre chose. Mais ne parlez pas de gratuité juste parce que vous comprenez pas quelque chose.

Ce n'est pas de la violence gratuite, en effet, puisque le but est le vol.
Que ce soit directement auprès de jeunes manifestants tabassés ou via la casse de vitrines de magasins.
Et quelque chose me dit que les jeunes qui commettent ces actes ne se revendiquent pas de Proudhon ou d'un refus de la propriété privée... je sens comme un certain angélisme dans tes propos, quand même.

lomig a écrit:
Esther Benbassa n'a pas tort lorsqu'elle parle de la vieille opposition bourgeoisie prolétariat. Mais il ne s'agit plus de classes sociales, mais de catégories bien plus difficilement objectivables, mais stigmatisées très durement selon leur visage, leur nom, leur lieu de vie.
C'est une forme de rage, de haine, que les politiques instrumentalisent sans comprendre, pour servir leurs intérêts électoralistes, Sarkozy en tête.[/u]

Pas d'accord... le texte à l'origine de ce topic évoque le lumpenprolétariat et ça me semble + juste, dans l'analyse des comportements observés.
Ces jeunes déclassés, exclus même du prolétariat "classique", sont facilement récupérables et manipulables par le système (dont ils sont en quelque sorte les "idiots utiles") pour nuire aux mouvements aspirant à l'égalité ou du moins à + de justice sociale.
Marx analysait déjà il y a bien longtemps que le lumpenprolétariat servait d'armée de réserve au capital...

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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Sam 10 Juin 2006 - 18:48

Tu sais Marx, il est mort.... Faut savoir dépasser un petit peu les idéologues...

Et regarder avec un minimum d'objectivité les faits sociaux...

Tout ce que tu racontes, ce ne sont que les produits des stigmates incorporés ou attribués.
Je ne parle pas de Proudhon ou de qui que ce soit, il ne s'agit pas de ça: il s'agit d'une jeunesse qui a "la haine", qui subit discrimination et racisme sous des formes subtiles ou non et qui est face à une violence symbolique contre laquelle ils en peuvent que répliquer de manière physique.

L'angélisme serait de justifier ces positions. Je ne les justifie pas, je les explique, sans toute l'idéologie conservatrice qui va avec, sans l'indignation morale débile qui empêche les gens d'analyser les phénomènes.

Nous ne sommespas de purs individus, raisonnables, libres et responsables, on est déterminés par des tonnes d'instances et de phénomènes et ceux-ci doivent être pris en compte.

Les jeunes ne sont pas déclassés, c'est une erreur de le penser, ils sont marginalisés si tu veux, géographiquement et symboliquement (emploi, police, école...), mais ils ne sont pas déclassés.

Et si au lieu de t'intéresser aux idéologues qui passent leur temps à spéculer, tu allais dans la rue demander aux casseurs quelles sont leurs aspirations et leurs motivations?

les aspirations (de nombreuses études l'ont prouvé: par entrentiens qualitatifs et quantitatifs) n'ont pas changé depuis 40 ans: un emploi, un logement, fonder une famille. (si c'est pas l'intégration républicaine...)
les motivations de la violence sont de jouer avec les journalistes: pour montrer qu'ils sont là et qu'ils existent aussi dnas leur pays et qu'ils revendiquent les mêmes droits, ils doivent faire du sensationnalisme. Ils prennent rencart avec des journalistes, très souvent, pour que ces derniers filment des bagnoles en train de bruler sur un commentaire alarmiste de retour de la barbarie...

Les cons y croient, tant mieux pour eux!
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Ven 23 Juin 2006 - 22:05

lomig a écrit:

les motivations de la violence sont de jouer avec les journalistes: pour montrer qu'ils sont là et qu'ils existent aussi dnas leur pays et qu'ils revendiquent les mêmes droits, ils doivent faire du sensationnalisme. Ils prennent rencart avec des journalistes, très souvent, pour que ces derniers filment des bagnoles en train de bruler sur un commentaire alarmiste de retour de la barbarie...
Je pense que c'est la que tu fais une importante erreur, je pense qu'il n'y a pas de conscience politique derrière ces actes. Que les tensions sociales participent à la montée de la violence, soit, mais je pense que le mouvement n'est pas conscient (je fais une généralité, il y a peut être quelques cas d'emeutiers investis politiquement, mais je pense qu'ils sont très très peu nombreux). Je t'invite d'ailleurs commr tu sais si bien le conseiller, à aller en cité pour comprendre la mentalité de ceux qui y vivent. La plupart sont plus attirés par la superficialité luxuriante du liberalisme américain que par l'austerité du dialogue social. Ils preferent scarface à dancer in the dark, c'est certain.
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MessageSujet: Re: Qui sont les casseurs ?   Aujourd'hui à 15:32

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