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 Apprendre à vivre....

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fourmi
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MessageSujet: Apprendre à vivre....   Dim 26 Fév 2006 - 22:50

Courrier adressé ce jour à Monsieur Luc Ferry...

Reims le 26 février 2006


"Apprendre à vivre"….
….de Luc Ferry…



Présentation de l'éditeur

" Je vais te raconter l'histoire de la philosophie. Pas toute, bien sûr, mais quand même ses cinq plus grands moments. Chaque fois, je te donnerai l'exemple d'une ou deux grandes visions du monde liées à une époque afin que tu puisses, si tu le souhaites, commencer à lire par toi-même les œuvres les plus importantes. Je te fais, d'entrée de jeu, une promesse : toutes ces pensées, je te les exposerai d'une façon totalement claire, sans le moindre jargon, mais en allant à l'essentiel, à ce qu'elles ont chaque fois de plus profond et de plus passionnant.

Si tu prends la peine de me suivre, tu sauras donc vraiment en quoi consiste la philosophie, comment elle éclaire de façon irremplaçable les multiples interrogations qui portent sur la façon dont nous pourrions ou devrions conduire nos existences... "

Pari tenu. Luc Ferry réussit à faire comprendre au lecteur, même le moins préparé, le sens profond des grandes visions du monde qui ont marqué l'histoire de la pensée. Avec lui, la philosophie n'a plus rien d'obscur ni d'intimidant, et l'on se trouve charmé par le passionnant voyage dans l'univers des idées que nous offre ce livre sans équivalent."


Monsieur Ferry,

J'ai pris la peine (le plaisir !) de vous suivre, ce samedi 25 février où vous étiez sur le plateau de "Tout le monde en parle"….et je ne regrette rien tant votre intervention, effectivement claire et sans jargon, permet de faire "le tour de la question".

Mais ce tour de la question attire de ma part l'envie de vous communiquer quelques remarques dont je souhaiterais vivement qu'elles soient lues, analysées, et, peut-être intégrées à votre pensée qu'elles pourraient faire évoluer de manière positive….

Vous nous parlez des débuts de la philosophie en les situant à Parménide. Nous savons de celui-ci qu'il a vécu environ 500 ans avant J.C., mais, surtout, qu'il était le disciple et l'ami du pythagoricien Aminias. La "paternité" philosophique de Parménide remonte donc à Pythagore…
Il est intéressant de savoir où et comment Pythagore a pu forger "sa" philosophie…. et de savoir si d'autres philosophes ne seraient pas apparus à la même époque.

Je ne puis que vous inviter à lire "LE ZEUS CRETOIS" de H. VERBRUGGEN (Belles Lettres 1981) pour y découvrir, par exemple et surtout, que, "à la fin de la période archaïque, dans la seconde moitié du 6ème siècle avant JC le Courète Epiménide de Cnossos (ou de Phaestos) exerce ses fonctions à l'antre idéen et Gortyne semble s'être implantée sur le plateau du Nidha." (p. 98)

Pourquoi fais-je ainsi ces références, et à Pythagore et à Epiménide ?

Pythagore, comme vous le trouverez indiqué dans l'ouvrage pré-cité, a été "initié" à la "sagesse" , comme TOUS les grands philosophes grecs, au sommet du Mont Ida (appelé aussi "Psiloritis" = "sentence du Très-Haut") comme on peut le lire en pages 81-82, dans le temple qui existait alors à l'emplacement de ce qui est aujourd'hui la grotte totalement effondrée de l'Ide, lieu de naissance de ZEUS.
Avant la "philosophia", l'amour de la sagesse, il existait donc l'enseignement de la "sagesse" et donc l'existence de la "sagesse".
En effet, toujours en suivant les indications du même ouvrage, on peut lire que "le but final de chaque initiation est d'amener l'homme imparfait à une vie plus parfaite" (p. 86.87). N'est-ce pas là l'expression de la sagesse ?

La "sagesse" initiale, pour diverses raisons, n'a-t-elle pas été altérée, oubliée, déformée par, entre autres, la philosophie… et ne serait-il pas temps de la retrouver enfin ?

Epiménide, personnage mystérieux s'il en est (y eut-il UN seul Epiménide ?), a vécu au VIIème siècle avant JC, donc avant même Parménide. On dit qu'il fut surtout législateur. Il est crétois, et son lieu d'existence, avant qu'il ne soit "récupéré" par les grecs (coutumiers de ces "récupérations" de ce qui vient de Crète), est donc la Crète, dans le secteur de Phaestos et de Gortyne où furent gravées par les Doriens, au Vème siècle, dans la pierre de l'Odéon de Gortyne, en boustrophédon, les "Lois" de Gortyne, plus ancien Code Civil connu… où on trouve déjà inscrit la "présomption d'innocence".
Epiménide nous reste surtout connu par une théogonie qu'il a élaborée (avant celle des grecs, encore !) et par ses paradoxes tel: "cette phrase est fausse"…
Mais il a élaboré un autre paradoxe qui, à cette époque, a semé un trouble tel, pour la civilisation de l'époque, que certains crétois décidèrent la mort de ZEUS qu'ils enterrèrent dans les flancs du Mont Youchtas, à quelques kilomètres au Sud d'Héraklion, ce Mont Youchtas qui, pour les crétois, est le visage de ZEUS contemplant son grand-père Ouranos tandis que d'autres, conservateurs, partirent en emportant les "trésors" de ZEUS (GAZA - = "trésor", ex Minoa, en est un vestige !)



Voici ce paradoxe :


DIEU
Dieu, par définition, est omniprésent et omnipotent. S'il existe, il est donc partout et peut tout faire. Mais s'il peut tout faire, est-il aussi capable de générer un monde d'où il est absent et où il ne peut rien faire ?


Il est donc évident, qu'à cette époque, déjà, on parlait de laïcité (la laïcité sans dieu qui est la seule perspective possible !) sans la nommer, bien sûr, et qu'on avait même envisagé la non-existence de dieu, ce qui, quand on se réfère aux propos que vous avez tenus, est une "avancée" considérable sur le plan de la pensée que nous avons encore à concrètiser….

En effet, de quoi nous avez-vous essentiellement parlé à propos des motivations de la philosophie ?

Vous nous dites que les Grecs ont imaginé un "cosmos", ensemble ordonné du monde dans lequel chacun doit trouver sa place… à condition de le comprendre et de s'y ajuster.

Vous nous dites que le christianisme a révolutionné la pensée en affirmant que la dignité ne dépend pas des talents naturels du départ , mais de l'usage que l'humain fait de ces talents…

Vous nous dites que l'esprit critique ("kritikos" signifie, en grec, tout aussi bien "critique" que "crétois"… est-ce innocent ?…) lié à la science , que les Droits de l'Homme contemporains, sont des réponses à la question du salut…

Vous nous dites qu'il faut que les idéaux apprennent ce qu'il en coûte d'avoir des pieds d'argile…et l'actualité, au quotidien, nous le montre…

Vous nous dites qu'il faut enfin se poser la question de savoir si LE progrès est réellement DU progrès…

J'entends tout cela mais j'entends surtout qu'il y a là dessous cette PEUR que vous n'avez cessé d'évoquer : la peur de la mort…

Vous dites que les religions ont été la première forme de "soulagement" par rapport à cette peur de la mort, l'humain s'en remettant à Dieu pour que celui-ci porte ce fardeau pour lui.

Vous dites que la philosophie a été la seconde forme de ce "soulagement", les humains faisant appel à leur raison pour dissiper leurs angoisses irrationnelles.


Je dis qu'il y a une troisième solution, celle qui consiste à ne plus vivre avec cette peur de la mort, à vaincre cette peur , à s'en débarrasser.

Comment ?

En s'inspirant, justement , de cette "sagesse" pré-philosophique des crétois !

Dans leur mythologie, ils avaient des références au monde du dessous.

Le labyrinthe, pas celui inventé par Evans à Knossos, mais le seul et vrai labyrinthe, celui de GORTYNE, est la clef qui permet à l'humain d'extérioriser TOUTES ses peurs "viscérales", de les projeter sur un monstre mi-homme, mi-dieu (la tête du taureau), le Minotaure, de tuer ce monstre, et par cette victoire sur le monstre, exterminer toutes ses peurs, y compris celle de la mort… et devenir "héros", comme Thésée qui dirige derechef la Cité …
Ne sont-ce pas Rhadamanthe et Minos qui sont les gardiens de ce monde du dessous, des Enfers ?…. tandis que leur frère Sarpédon a préféré s'enfuir avec son amant Milet dans ce pays où en 635 avant JC , Crésus avait inventé ce qui allait devenir la plaie de l'humanité, la monnaie, et où l'imagination et la fantaisie ont annihilé les vertus de la sagesse et de la loi !

Dans leur mythologie, ils avaient des références au monde du dessus.

Au sommet du mont IDA, le Psiloritis, ils ont fait naître ZEUS, Père des dieux et des hommes. Puis , ce même ZEUS est venu en Phénicie (actuel Liban), enlever une certaine EUROPE qu'il a fécondée à Gortyne. De leur union est né MINoS ( le premier des MINiStres) qui, tous les neuf ans, remontait à ses sources de sagesse en rencontrant ZEUS qui lui donnait alors ses commandements gravés sur des tables de lois… (Tacite ne nous parle-t-il pas d'un peuple, les Idéens devenus Iudéens qui seraient originaires de cet endroit et de cette idéologie ?… à moins qu'il ne s'agisse des Solymes, mot qui, combiné avec le grec "sacré" –"hiéro" – nous donne Hiérosolyma, ou Jérusalem … "Histoires" - V,2-5).

Mais dans leur réflexion critique (c'est le cas de le dire) sur ces mythologies, ils avaient fait le choix de la VIE, avec pour devise "Ni dieu, ni maître" qui est encore actuelle puisqu'elle a même été récupérée par la Grèce !

La vie est dans le monde du milieu, celui où vivent ces modestes humains, avec les pieds sur Terre et la tête dans le ciel qui, avec leur esprit, sont capables de s'élever au rang de dieux, d'accéder à la perfection pourvu qu'ils fassent bon usage de leurs connaissances, qu'ils sachent tirer les leçons de leurs expériences passées pour construire un présent et un demain de qualité, profitable à chacun et à tous…



Sur quoi repose leur "sagesse" qui parvient, ENFIN, jusqu'à nous ?



L'échéance de toute vie est la mort, c'est-à-dire le terme de la certitude de vivre…


Je SAIS que je suis parce que j'ai conscience que je suis…. mais je ne puis avoir conscience de mon existence que parce que je suis….



Avant mon existence, c'est-à-dire avant ma conception dans l'utérus ("mitra") maternel, je ne suis qu'un éventuel projet…

Après mon existence, c'est-à-dire après ma mort, je ne suis qu'un éventuel esprit, une éventuelle âme….




Ce que je SAIS, c'est que j'ai un début et une fin corporels, un commencement et un terme à mon existence de créature ("créas", en grec, signifie "viande, chair") et que ma conscience d'ÊTRE vient de cette existence.

Ce que je SAIS, c'est que dans cette période objectivement délimitée, je puis connaître le bonheur, l'extase (celle que, par exemple, j'ai pu connaître dans l'utérus maternel lors de la gestation) à condition de voir satisfaits tous mes besoins fondamentaux, comme ils l'avaient été dans ce ventre maternel…. et que j'ai les "capacités", le "pouvoir" (au sens de "rendre possible") de modifier le monde qui m'entoure tout autant que je puis m'adapter à ce qu'il est, afin de l'adapter à mes besoins et y connaître le bonheur.

Ce que je SAIS, c'est que, si je veux profiter de plaisirs artificiels ou excessifs dans cette période de vie, je cours le risque de réduire le temps de cette vie et donc de ne pas pouvoir profiter du bonheur jusqu'au terme "normal" d'une vie saine et raisonnée.

Ce que je SAIS, c'est que, si je subordonne ma vie présente à l'aménagement d'un hypothétique "au-delà" de cette vie, je cours le risque de me priver des bonheurs que pourrait me donner le temps présent pour préparer un hypothétique et aléatoire futur.

Ce que je SAIS, c'est que ce que je viens de définir ici est une série d'évidences simples et claires qui conditionnent la nature de ma vie , sa qualité et donc sa durée…

Entre ces limites, en intégrant ces "précautions" objectivement justifiées, je suis SÛR de m'aménager un parcours de vie heureux, en incluant à ce parcours mes congénères qui ne pourront que gagner à emprunter cette voie…que nous devons objectivement partager…

Strabon, dans sa Géographie, (X, 4, 16) ne nous dit pas autre chose à propos de la constitution crétoise.

Avec mes salutations humanistes et fraternelles.

fourmi
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MessageSujet: Re: Apprendre à vivre....   Lun 27 Fév 2006 - 20:26

fourmi a écrit:

Vous nous parlez des débuts de la philosophie en les situant à Parménide. Nous savons de celui-ci qu'il a vécu environ 500 ans avant J.C., mais, surtout, qu'il était le disciple et l'ami du pythagoricien Aminias. La "paternité" philosophique de Parménide remonte donc à Pythagore…
Il est intéressant de savoir où et comment Pythagore a pu forger "sa" philosophie…. et de savoir si d'autres philosophes ne seraient pas apparus à la même époque.
Pythagore qui est l'inventeur du mot philosophie, son tout premier maitre de pensée fut Thalès, qui lui même était philosophe. il est assez idiot je trouve de parler des débuts de la philosophie...
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fourmi
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MessageSujet: Re: Apprendre à vivre....   Lun 27 Fév 2006 - 20:55

La "philosophie" est l' "amour de la sagesse"...

Pour qu'il y ait AMOUR de la SAGESSE, il faut donc qu'il y ait "SAGESSE".... la SAGESSE est forcément préalable à l'amour de la sagesse.

Il y a donc eu un DEBUT à la PHILOSOPHIE qui est constitué par l'élaboration de la sagesse, la philosophie consistant simplement à vouloir mettre en mots cette sagesse pour la définir, la transmettre, la concrètiser.

Dans notre civilisation "européenne", qui prend donc ses sources, comme son nom l'indique, , avec EUROPE, il est donc important, quoique vous en pensiez, de savoir quelle pouvait être cette sagesse qui tant d'humains aiment et qu'ils ne parviennent pas (ou plus) à définir....

Et si, en la retrouvant, on se mettait à prendre conscience de toutes les erreurs commises depuis qu'on s'en est écarté et qu'il nous faut rectifier désormais ????

Par exemple, à une certaine époque, c'était le troc qui régissait les échanges entre les humains...

L'un produisait des jarres de terre parce qu'il s'était spécialisée dans ce travail, l'autre fabriquait de l'huile, l'autre encore travaillait les raisins pour faire du vin, un autre encore faisant pousser du blé pour faire du pain... etc...etc...

Chacun produisait pour lui d'abord.... mais aussi pour ceux qui, attachés à une autre tâche, n'avaient pas le tremps ou les compétences pour faire pour eux ce que faisait l'autre... mais chacun "trimait" pour produire et, de ce fait, connaissait la valeur de ce qu'il fabriquait.

Il y avait des échanges portant sur des produits vitaux, et chacun connaissait la valeur des produits échangés parce qu'il avait "sué" pour fabriquer ce qu'il consommait ou échangeait.

La sagesse était là , car TOUS avaient intérêt à vivre en paix, tous étant interdépendants les uns des autres, la production de l'un permettant la vie de l'autre....

Puis, en - 635, Crésus inventa les "créséides" qui allaient devenir notre monnaie. Plus question d'équivalent travail.... simplement question de POSSESSION, d'AVOIR plutot que d'ÊTRE, de PARAÎTRE plutôt que d'ÊTRE.... d'hypocrisie...

La sagesse a ainsi "foutu le camp".... l'envie, la frustartion, la guerre, le vol, l'insécurité, l'orgueil, le désir de conquêtes militaires, etc... etc... prenant le dessus dans des sociétés se prétendant "civilisées"...

Des messages très clairs nous parviennent pourtant, le premier déjà ancien mais toujours actuel, le second tout à fait actuel :

http://origines1.chez.tiscali.fr/quiestjesus.doc

http://www.babelmed.net/index.php?menu=83&cont=55&lingua=fr

Vous pouvez aussi utilement suivre le "feuilleton" diffusé actellement tous les jours, sur france 2, à la fin du JT de 13 heures, et qui relate ce qui s'est passé sur l'île de Pâques...

Pour aujourd'hui, faites : http://jt.france2.fr/13h/
cliquer sur :
Notre feuilleton: voyage à l'île de Pâques 13h29m27s

Vous verrez où mène la folie des hommes et ce qui aurait pu être évité s'ils avaient conservé la SAGESSE initiale.

Cordialement

fourmi
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MessageSujet: Re: Apprendre à vivre....   Lun 27 Fév 2006 - 23:16

attention, il ne faut pas mélanger éthymologie et définition, un philosophe est un logicien qui formule en conscience. Il y a logiquement un début de la philosophie, mais ce que je trouve idiot, c'est de donner un nom au premier philosophe, car clairement, il s'est inspiré de philosophie orales plus anciennes et dont il ne reste plus de traces, et donc plus de noms.
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MessageSujet: Re: Apprendre à vivre....   Mar 28 Fév 2006 - 18:07

Stéphane,

Citation :
Pythagore qui est l'inventeur du mot philosophie, son tout premier maître de pensée fut Thalès, qui lui même était philosophe. il est assez idiot je trouve de parler des débuts de la philosophie...

Vous considérez comme "idiot" de parler des débuts de la philosophie. Ceci est votre avis, et vous le partagez.

Je maintiens qu'il est utile de parler des débuts de la philosophie puisque ceci revient à parler de la "SAGESSE" : "philosophie" signifie "amour de la sagesse"... comment pourrait-on aimer ce qui n'existerait pas ?

Monsieur Ferry situe les débuts de la philosophie à Platon, voire à Parménide ( - 540 à - 450). Nous savons de Parménide qu'il était ami et disciple d'Arminias, pythagoricien, ce qui nous mène donc à Pythagore ( - 580 à - 500).

On sait que Pythagore a séjourné en Crète, qu'il y a été "initié" au sommet du Mont Ida, qu'il a tiré de cette initiation nombre des pratiques qui feront dire des pythagoriciens qu'ils constituaient une "secte" (vêtements blancs, refus de man,ger de la viande, métempsycose,...)
Vous dites que Pythagore (qui n'a jamais écrit mais dont la doctrine fut exposée par ses disciples) fut lui-même un disciple de Thalès (VIIème siècle avant J.C.).

Thalès est Thalès de Milet. Milet est une ville de l'actuelle Turquie qui conduit, tout naturellement, en Crète !

En effet, un des trois fils de ZEUS et d'EUROPE conçus à Gortyne, en Crète, Sarpédon, quitta ses deux frères Minos et Rhadamanthe pour se rendre à Milet (on dit aussi qu'il se rendit là avec son ami et amant Miletos). On dit que c'est parce qu'il n'aurait pas été accepté par ses frères qu'il dut quitter la Crète... mais il l'a quittée en emportant forcément, avec lui, le souvenir de la sagesse crétoise dont il se démarquait !

A Milet, il aurait créé diverses écoles d'architecture, de peinture, ou l'imagination tenta de faire éclater le cadre "rigide" de la sagesse et des lois.... nous voyons où nous en sommes aujourd'hui !

Mais ce n'est pas le plus intéressant, concernant Thalès de Milet. Thalès de Milet, en effet, qui a peut-être rencontré physiquement Pythagore, est un des SEPT SAGES, avec Solon, Cléobule de Lindos, Périandre de Corinthe, Pittacus de Mitylène, Bias de Priène, Chilon de Lacédémone) qui divulguèrent les lois de Lycurgue lors de la naissance des 3 grandes cités des Cyclades et de l'Asie Mineure : Athènes, Sparte (ou Lacédémone) et Corinthe. Corinthe, comme son nom l'indique (terminaison -inthos), est une colonie crétoise et, d'ailleurs, le centre de thérapie d'Epidaure, avec sa tholos sous laquelle se trouvait un labyrinthe contenant, disait-on aux malades, des serpents, en est un indice indéniable.

Quant aux lois de Lycurgue, lisez le livre premier, chapitre LXV des "Histoires" d'Hérodote et vous lirez : "Lycurgue, ayant reçu la tutelle de son neveu Léobate, roi de Sparte, apporta ses lois de la Crète."

ALORS ?????

Oui, la sagesse a pré-existé et elle a fonctionné dans un monde dont Platon évoque l'existence à travers son récit mi-véridique, mi-romancé de l'Atlantide.

Mais il y eut le cataclysme de Santorin qui mit fin à ce monde...

Depuis sa destruction, les humains cherchent à retrouver le BONHEUR disparu... en tentant de retrouver cette SAGESSE initiale qui avait permis de donner consistance aux rêves les plus audacieux...

Mais la SAGESSE est ESPRIT, immatérielle. Elle s'exerce sur la réalité, permettant au sage de CHOISIR ce qui convient, de CONSTRUIRE comme il faut. Elle lui permet aussi de REFUSER ce qui ne convient pas, de DETRUIRE s'il le faut... avec parfois le BESOIN de VERBALISER par des MOTS, pour expliquer, pour transmettre,.... des MOTS qui sont parfois, parce que porteurs de contre-sens, de faux-sens, d'approximations, sources de MAUX.

Cordialement

fourmi
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MessageSujet: Re: Apprendre à vivre....   Jeu 18 Mai 2006 - 16:41

Il faut arrêter, selon moi, avec la rhétorique de la sagesse, et de dire que la philosophie, c'est l'amour de la sagesse, et que, à partir de là, les philosophes ont oublié, il faut y revenir.

Je rappellerais quand même que le terme de "sagesse" ne veut rien dire. Il y a des milliers de sagesses différentes, de l'ermite, au philosophe-roi, du cynique, au stoïcien, en passant par les épicuriens, les aristotéliciens, etc. etc. etc.

Ensuite, je rappelerais que l'usage de ce terme est celui qui permet de stigmatiser une population par opposition à d'autres individus. C'est flagrant chez une majorité de penseurs de l'antiquité. Pensez aux lettre à Lucilius de Sénèque et à ses jérémiades sur la Stultitia.

La philosophie se découvre comme amour de la sagesse, aussi, troisième raison, pour occuper un espace de pensée bien trouble, car c'est la chute du règne d'Athènes, et l'élite tente désespérément de faire savoir qu'elle l'est, qu'ele le restera, et elle invente donc sa philosophie.

La philosophie, comme sagesse, est aussi avant tout, une forme de pensée adaptée au monde dans lequel vivent les athéniens, les habitants de la ionie, et de Thrace.

La philosophie est un rapport au monde par le biais du savoir. Un savoir qui à l'époque se fonde sur des mythes. mythe de l'origine. mythe de la dualité âme/corps. mythe moral bien/mal. mythes religieux, etc.

Or le savoir change, les conditions de production et de domestication de l'homme changent, en tan tque produit, nous sommes différents des antiques. La sagesse dont on appelle le retour est définitivement morte, car fondée sur ce que Weber appellerait une domination traditionnelle et/ou charismatique.
Rappelons que nous sommes dans un monde où c'est la domination légale rationnelle qui dirige.

Rappelons avec Weber et Gauchet le désenchantement du monde ou la "démagification" du monde qui s'ensuit. En rationnalisant, en prenant les conaissances empiriques pour base du savoir, en scientificisant le savoir (pas de normativité, pas de métaphysique, pas de téléologie, mais rationnalité, empirisme), la sagesse est morte.

Dernier argument, s'ajoutant à cela, c'est ce que Lyotard a appelé "la chute des méta-récits", qui caractérise notre société post-moderne. càd, que nous avons su nous séparer des grandes narrations qui fondaient notre identité, notre culture, notre manière d'agir, de se comporter, etc.

Plus de Sujet, plus d'épopée de la Vie. Cela a été mis à mort par les sciences humaines et dures, par la philosophie elle-même.

Voilà pourquoi il n'est pas question de sagesse, mais plutôt de "penser autrement", de trouver les limites de notre finitude (position de Foucault), et d'articuler les différents savoirs spécialisés qui nous sont offerts par les sciences de toutes les catégories...(position de Michel Serres)

ce post répond en même temps au topic sur philo et sagesse.

Je recommande vivement à notre crêtois de lire "l'herméneutique du sujet" de Foucault, ou de lire "le souci de soi". on a une vision respectueuse de l'antiquité et des pistes pour penser aujourd'hui...
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