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 L'essence du néolibéralisme (Bourdieu)

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lomig
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MessageSujet: L'essence du néolibéralisme (Bourdieu)   Jeu 13 Sep 2007 - 20:29

L'ESSENCE DU NÉOLIBÉRALISME
PIERRE BOURDIEU
[Le Monde Diplomatique, Mars 1998 p. 3. http://www.mondediplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/10167 ]

Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu'il inflige, soit de manière automatique, soit - plus exceptionnellement - par l'intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l'OCDE, et des politiques qu'ils imposent : baisse du coût de la main- d'oeuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s'il n'était, en réalité, que la mise en pratique d'une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie
qui, avec l'aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?

Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l'origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d'une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice.
Il suffit de penser, pour donner la mesure de l'omission, au seul système
d'enseignement, qui n'est jamais pris en compte en tant que tel en un temps où il joue un rôle déterminant dans la production des biens et des services, comme dans la production des producteurs. De cette sorte de faute originelle, inscrite dans le mythe walrasien (1) de la « théorie pure », découlent tous les manques et tous les manquements de la discipline économique, et l'obstination fatale avec laquelle elle s'accroche à l'opposition arbitraire qu'elle fait exister, par sa seule existence, entre
la logique proprement économique, fondée sur la concurrence et porteuse
d'efficacité, et la logique sociale, soumise à la règle de l'équité.
Cela dit, cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a,
aujourd'hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable.

En effet, le discours néolibéral n'est pas un discours comme les autres. A la manière du discours psychiatrique dans l'asile, selon Erving Goffman (2), c'est un « discours fort », qui n'est si fort et si difficile à combattre que parce qu'il a pour lui toutes les forces d'un monde de rapports de forces qu'il contribue à faire tel qu'il est, notamment en orientant les choix économiques de ceux qui dominent les rapports économiques et en ajoutant ainsi sa force propre, proprement symbolique,
à ces rapports de forces. Au nom de ce programme scientifique de connaissance, converti en programme politique d'action, s'accomplit un immense travail politique (dénié puisque, en apparence, purement négatif) qui vise à créer les conditions de réalisation et de fonctionnement de la « théorie » ; un programme de destruction méthodique des collectifs.

Le mouvement, rendu possible par la politique de déréglementation financière, vers l'utopie néolibérale d'un marché pur et parfait, s'accomplit à travers l'action transformatrice et, il faut bien le dire, destructrice de toutes les mesures politiques (dont la plus récente est l'AMI, Accord multilatéral sur l'investissement, destiné à protéger, contre les Etats nationaux, les entreprises étrangères et leurs investissements), visant à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de
manoeuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple,
l'individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l'atomisation des travailleurs qui en résulte ; collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives ; famille même, qui, à travers la constitution de marchés par classes d'âge, perd une part de son contrôle sur la consommation.
Le programme néolibéral, qui tire sa force sociale de la force politico-économique de ceux dont il exprime les intérêts - actionnaires, opérateurs financiers, industriels, hommes politiques conservateurs ou sociaux-démocrates convertis aux démissions rassurantes du laisser-faire, hauts fonctionnaires des finances, d'autant plus acharnés à imposer une politique prônant leur propre dépérissement que, à la différence des cadres des entreprises, ils ne courent aucun risque d'en payer
éventuellement les conséquences -, tend globalement à favoriser la coupure entre l'économie et les réalités sociales, et à construire ainsi, dans la réalité, un système économique conforme à la description théorique, c'est-à-dire une sorte de machine logique, qui se présente comme une chaîne de contraintes entraînant les agents économiques.
La mondialisation des marchés financiers, jointe au progrès des techniques
d'information, assure une mobilité sans précédent de capitaux et donne aux investisseurs, soucieux de la rentabilité à court terme de leurs investissements, la possibilité de comparer de manière permanente la rentabilité des plus grandes entreprises et de sanctionner en conséquence les échecs relatifs. Les entreprises elles-mêmes, placées sous une telle menace permanente, doivent s'ajuster de manière de plus en plus rapide aux exigences des marchés ; cela sous peine, comme l'on dit, de « perdre la confiance des marchés », et, du même coup, le soutien des actionnaires qui, soucieux d'obtenir une rentabilité à court terme, sont de plus en plus capables d'imposer leur volonté aux managers, de leur fixer des normes, à travers les directions financières, et d'orienter leurs politiques en matière d'embauche, d'emploi et de salaire.

Ainsi s'instaurent le règne absolu de la flexibilité, avec les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les « plans sociaux » à répétition, et, au sein même de l'entreprise, la concurrence entre filiales autonomes, entre équipes contraintes à la polyvalence et, enfin, entre individus, à travers l'individualisation de la relation salariale : fixation d'objectifs individuels ; entretiens individuels d'évaluation ; évaluation permanente ; hausses individualisées des salaires ou octroi de primes en fonction de la compétence et du mérite individuels ; carrières individualisées ; stratégies de « responsabilisation » tendant à assurer
l'auto-exploitation de certains cadres qui, simples salariés sous forte dépendance hiérarchique, sont en même temps tenus pour responsables de leurs ventes, de leurs produits, de leur succursale, de leur magasin, etc., à la façon d'« indépendants » ; exigence de l'« autocontrôle » qui étend l'« implication » des salariés, selon les techniques du « management participatif », bien au-delà des emplois de cadres. Autant de techniques d'assujettissement rationnel qui, tout en imposant le surinvestissement dans le travail, et pas seulement dans les postes de responsabilité, et le travail dans l'urgence, concourent à affaiblir ou à abolir les
repères et les solidarités collectives (3).
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lomig
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MessageSujet: Re: L'essence du néolibéralisme (Bourdieu)   Jeu 13 Sep 2007 - 20:29

L'institution pratique d'un monde darwinien de la lutte de tous contre tous, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui trouve les ressorts de l'adhésion à la tâche et à l'entreprise dans l'insécurité, la souffrance et le stress, ne pourrait sans doute pas réussir aussi complètement si elle ne trouvait la complicité des dispositions précarisées que produit l'insécurité et l'existence, à tous les niveaux de la hiérarchie, et même aux niveaux les plus élevés, parmi les cadres notamment, d'une armée de réserve de main-d'oeuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. Le fondement ultime de tout cet ordre économique placé sous le signe de la liberté, est en effet, la violence structurale du
chômage, de la précarité et de la menace du licenciement qu'elle implique : la condition du fonctionnement « harmonieux » du modèle micro-économique individualiste est un phénomène de masse, l'existence de l'armée de réserve des chômeurs.


Cette violence structurale pèse aussi sur ce que l'on appelle le contrat de travail (savamment rationalisé et déréalisé par la « théorie des contrats »). Le discours d'entreprise n'a jamais autant parlé de confiance, de coopération, de loyauté et de culture d'entreprise qu'à une époque où l'on obtient l'adhésion de chaque instant en faisant disparaître toutes les garanties temporelles (les trois quarts des embauches sont à durée déterminée, la part des emplois précaires ne cesse de croître, le licenciement individuel tend à n'être plus soumis à aucune restriction).
On voit ainsi comment l'utopie néolibérale tend à s'incarner dans la réalité d'une sorte de machine infernale, dont la nécessité s'impose aux dominants eux-mêmes.

Comme le marxisme en d'autres temps, avec lequel, sous ce rapport, elle a beaucoup de points communs, cette utopie suscite une formidable croyance, la free trade faith (la foi dans le libre-échange), non seulement chez ceux qui en vivent matériellement, comme les financiers, les patrons de grandes entreprises, etc., mais aussi chez ceux qui en tirent leurs justifications d'exister, comme les hauts fonctionnaires et les politiciens, qui sacralisent le pouvoir des marchés au nom de l'efficacité économique, qui exigent la levée des barrières administratives ou politiques capables de gêner les détenteurs de capitaux dans la recherche purement individuelle de la maximisation du profit individuel, instituée en modèle de rationalité, qui veulent des banques centrales indépendantes, qui prêchent la subordination des Etats nationaux aux exigences de la liberté économique pour les maîtres de l'économie, avec la suppression de toutes les réglementations sur tous les marchés, à commencer par le marché du travail, l'interdiction des déficits et de l'inflation, la privatisation généralisée des services publics, la réduction des dépenses publiques et sociales.

SANS partager nécessairement les intérêts économiques et sociaux des vrais croyants, les économistes ont assez d'intérêts spécifiques dans le champ de la science économique pour apporter une contribution décisive, quels que soient leurs états d'âme à propos des effets économiques et sociaux de l'utopie qu'ils habillent de raison mathématique, à la production et à la reproduction de la croyance dans l'utopie néolibérale.

Séparés par toute leur existence et, surtout, par toute leur formation intellectuelle, le plus souvent purement abstraite, livresque et théoriciste, du monde économique et social tel qu'il est, ils sont particulièrement enclins à confondre les choses de la logique avec la logique des choses.
Confiants dans des modèles qu'ils n'ont pratiquement jamais l'occasion de
soumettre à l'épreuve de la vérification expérimentale, portés à regarder de haut les acquis des autres sciences historiques, dans lesquels ils ne reconnaissent pas la pureté et la transparence cristalline de leurs jeux mathématiques, et dont ils sont le plus souvent incapables de comprendre la vraie nécessité et la profonde complexité, ils participent et collaborent à un formidable changement économique et social qui, même si certaines de ses conséquences leur font horreur (ils peuvent cotiser au Parti socialiste et donner des conseils avisés à ses représentants dans les
instances de pouvoir), ne peut pas leur déplaire puisque, au péril de quelques ratés, imputables notamment à ce qu'ils appellent parfois des « bulles spéculatives », il tend à donner réalité à l'utopie ultraconséquente (comme certaines formes de folie) à laquelle ils consacrent leur vie.

Et pourtant le monde est là, avec les effets immédiatement visibles de la mise en oeuvre de la grande utopie néolibérale : non seulement la misère d'une fraction de plus en plus grande des sociétés les plus avancées économiquement, l'accroissement extraordinaire des différences entre les revenus, la disparition progressive des univers autonomes de production culturelle, cinéma, édition, etc., par l'imposition intrusive des valeurs commerciales, mais aussi et surtout la destruction de toutes les instances collectives capables de contrecarrer les effets de la machine infernale, au premier rang desquelles l'Etat, dépositaire de toutes les valeurs universelles associées à l'idée de public, et l'imposition, partout, dans les
hautes sphères de l'économie et de l'Etat, ou au sein des entreprises, de cette sorte de darwinisme moral
qui, avec le culte du winner, formé aux mathématiques supérieures et au saut à l'élastique, instaure comme normes de toutes les pratiques la lutte de tous contre tous et le cynisme.

Peut-on attendre que la masse extraordinaire de souffrance que produit un tel régime politico-économique soit un jour à l'origine d'un mouvement capable d'arrêter la course à l'abîme ? En fait, on est ici devant un extraordinaire paradoxe : alors que les obstacles rencontrés sur la voie de la réalisation de l'ordre nouveau - celui de l'individu seul, mais libre - sont aujourd'hui tenus pour imputables à des rigidités et des archaïsmes, et que toute intervention directe et consciente, du moins lorsqu'elle vient de l'État, par quelque biais que ce soit, est d'avance discréditée, donc sommée de s'effacer au profit d'un mécanisme pur et anonyme, le
marché (dont on oublie qu'il est aussi le lieu d'exercice d'intérêts), c'est en réalité la permanence ou la survivance des institutions et des agents de l'ordre ancien en voie de démantèlement, et tout le travail de toutes les catégories de travailleurs sociaux, et aussi toutes les solidarités sociales, familiales ou autres, qui font que l'ordre social ne s'effondre pas dans le chaos malgré le volume croissant de la population précarisée. Le passage au « libéralisme » s'accomplit de manière insensible, donc imperceptible, comme la dérive des continents, cachant ainsi aux regards ses effets, les plus terribles à long terme. Effets qui se trouvent aussi dissimulés, paradoxalement, par les résistances qu'il suscite, dès maintenant, de la part de ceux qui défendent l'ordre ancien en puisant dans les ressources qu'il recelait, dans les solidarités anciennes, dans les réserves de capital social qui protègent toute une partie de l'ordre social présent de la chute dans l'anomie. (Capital qui, s'il n'est pas renouvelé, reproduit, est voué au dépérissement, mais dont l'épuisement n'est pas pour demain.)

MAIS ces mêmes forces de « conservation », qu'il est trop facile de traiter comme des forces conservatrices, sont aussi, sous un autre rapport, des forces de résistance à l'instauration de l'ordre nouveau, qui peuvent devenir des forces subversives. Et si l'on peut donc conserver quelque espérance raisonnable, c'est qu'il existe encore, dans les institutions étatiques et aussi dans les dispositions des agents (notamment les plus attachés à ces institutions, comme la petite noblesse d'Etat), de telles forces qui, sous apparence de défendre simplement, comme on le leur reprochera aussitôt, un ordre disparu et les « privilèges » correspondants,
doivent en fait, pour résister à l'épreuve, travailler à inventer et à construire un ordre social qui n'aurait pas pour seule loi la recherche de l'intérêt égoïste et la passion individuelle du profit, et qui ferait place à des collectifs orientés vers la poursuite rationnelle de fins collectivement élaborées et approuvées.

Parmi ces collectifs, associations, syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale à l'État, État national ou, mieux encore, supranational, c'est-à-dire européen (étape vers un État mondial), capable de contrôler et d'imposer efficacement les profits réalisés sur les marchés financiers et, surtout, de contrecarrer l'action destructrice que ces derniers exercent sur le marché du travail, en organisant, avec l'aide des syndicats, l'élaboration et la défense de l' intérêt public qui, qu'on le veuille ou non, ne sortira jamais, même au prix de quelque faux en écriture mathématique, de la vision de comptable (en un autre temps, on aurait dit d'« épicier ») que la nouvelle croyance présente comme la forme suprême de l'accomplissement humain.
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MessageSujet: Re: L'essence du néolibéralisme (Bourdieu)   Sam 15 Sep 2007 - 23:06

Quand on tente d'appliquer un modèle mathématique sur l'humain, ce modèle marchera si tous les êtres humains suivent le modèle. (En bourse, il y a deux ou trois modèles mathématiques qui décrivent parfaitement l'évolution du cours d'une action, ce modèle marchera à la perfection si tout les actionnaires suivent le modèle, ce qui n'est jamais le cas).

Le libéralisme repose sur des axiomes (sur l'humain) qui sont absolument faux, et des définitions mathématiques portant des noms réels mais qui ne sont pas exactement identiques aux objets de la réalité auxquels ils se rapportent.

En gros le modèle mathématique est imparfait, et au lieu de le corriger, on préfère changer l'humain lui même. C'est comme si un modèle physique décrivait parfaitement ce qui se passerait sur terre si le sens de gravité était inversé, et que les physiciens, au lieu de corriger la théorie, tentaient d'inverser le sens de gravité de la planète...

Un petit détail me gène dans l'article, c'est la manière négative dont se sert Bourdieu du mot Darwinisme. Le darwinisme n'est pas la théorie du "que le meilleur gagne", c'est la théorie qui dit "comment les diverses richesses de chacun favorisent l'évolution de tous".

Le Darwinisme est plutot une idée de gauche si on la regarde dans sa globalité.

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MessageSujet: Re: L'essence du néolibéralisme (Bourdieu)   Dim 16 Sep 2007 - 8:49

J'avoue ne pas avoir lu toute la prose de Bourdieu, mais il suffit de lire que le néo-libéralisme serait fondé sur des modèles mathématiques pour rigoler doucement. Parce que, bien entendu, si le éno-libréalisme se voulait aussi "rationnel et scientifique", il déboucherait sur de la planification ... qui est une spécialité socialiste Smile

Tout au contraire, bien entendu, le libéralisme se fonde sur deux axe : l'initiative individuelle avec tout ce qu'elle peut avoir d'imprévisible, et le pragmatisme.

Bourdieu a visiblement confondu libéralisme et recherche de la productivité industrielle, qui en est, contrairement à ce que l'on croit, un prolongement "humaniste". On constate en effet que la productivité est le seul critère de survie de millions d'emplois, et découle directement de la qualité des investissements dans les entreprises.

Il faut remarquer que l'indifférence à cette productivité a entrainé, dans les pays socialistes, la vétusté de l'outil, la non-compétitivité, et donc un désastre pour les travailleurs.

Citation :
Un petit détail me gène dans l'article, c'est la manière négative dont se sert Bourdieu du mot Darwinisme. Le darwinisme n'est pas la théorie du "que le meilleur gagne", c'est la théorie qui dit "comment les diverses richesses de chacun favorisent l'évolution de tous".

Le Darwinisme est plutot une idée de gauche si on la regarde dans sa globalité.

Le Darwinisme n'est ni une "théorie", ni une "idée". C'est le résultat d'années de recherches rigoureuses sur les phénomènes d'évolution.
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MessageSujet: Re: L'essence du néolibéralisme (Bourdieu)   Dim 16 Sep 2007 - 14:03

"On constate en effet que la productivité est le seul critère de survie de millions d'emplois, et découle directement de la qualité des investissements dans les entreprises."

une preuve stp... Moi j'ai la preuve que la création d'emplois est directement liée à al baisse du temps de travail. On verra si ta preuve, si tes explications sont raisonnées et raisonnables. (eh oui, du travail, MP!)

edit: et j'ai aussi la preuve que la productivité ne change rien à la création d'emplois! Voire, favorise énormément le chômage, ou les profits, mais ce sotn les deux revers d'une même médaille!

Soit dit en passant: oui, les économistes libéraux (néoclas) fondent leur idéologie sur des modèles mathématiques, et sur des théories "rationalistes" tout ce qu'il y a de fictionnel et irréel. La concurrence pure et parfaite, c'est ce que recherchent les libéraux, et c'est une théorie mathématique, rationaliste qui ne veut rien dire...
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MessageSujet: Re: L'essence du néolibéralisme (Bourdieu)   Dim 16 Sep 2007 - 20:28

Citation :
[quote="lomig"]"On constate en effet que la productivité est le seul critère de survie de millions d'emplois, et découle directement de la qualité des investissements dans les entreprises."

une preuve stp... Moi j'ai la preuve que la création d'emplois est directement liée à al baisse du temps de travail. On verra si ta preuve, si tes explications sont raisonnées et raisonnables. (eh oui, du travail, MP!)

C'est pourtant bien simple; Tout produit a une valeur sur le marché mondial.

Le prix détermine l'aptitude à vendre ... ou la décision d'acheter à l'éxtérieur, si c'est moins cher.

Ce prix a différentes composantes : la matière première, les investissements, la ditribution, etc, etc, mais aussi le "coût-salaire" à la pièce.

Donc, plus un salaire est élevé par rapport à ses concurrents, plus il doit s'amortir par le nombre de pièces produites.

un ouvrier européen, payé par exemple 10 fois plus qu'un asiatique, doit produire dix fois plus pour rester compétitif.

Evidemment, cela ne peut reposer sur la seule rapidité humaine. C'est pourquoi nos entreprises mécanisent de manière de plus en plus sophistiquée, déploient des trésors d'ergonomie et de rationalisations, pour sauvergarder les emplois européens.

Mias à ce stade, gagner 10 % de productivité représente des investissements gigantesques. Reperdre immédiatement le bénéfice de ces 10% en réduisant le temps de travail est forcément débile.

Pour tes "théories", je t'avouerai que j'ai passé ma vie dans le secteurs industriels en Europe et hors d'europe, et n'ai jamais rencontré un patron (même Mittal) qui ait la moindre théorie Very Happy
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MessageSujet: Re: L'essence du néolibéralisme (Bourdieu)   Aujourd'hui à 23:28

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