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 une autre vision du chômage

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lomig
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MessageSujet: une autre vision du chômage   Dim 26 Aoû 2007 - 23:24

Il s'agit de démontrer ici, à partir de discours économiques et financiers officiels, politiques et médiatiques, que la croissance du marché de l'emploi est un cauchemar pour gens bien nés. La baisse du chômage représente même pour certains un risque, et ce terme même de "risque" est repris et répété à longueur de discours dans les prospectives de progrès des actions de telle société en bourse.

Mon discours, typique de l'extrêmiste qui interprète tout en complot mondial, tentera de vous expliquer de manière claire et grand public ce que nous racontent les blogs et sites de Guillaume de Baskerville (http://lenairu.blogspot.com/), et accessoirement le site http://www.actuchomage.org.

Nombre d'extrêmistes comme moi "sentent" et "ressentent" que le chômage de masse arrange forcément certaines personnes, que cela arrange clairement les entreprises qui peuvent recruter pour de faibles rémunérations (car toutes les entreprises cherchent à faire baisser les coûts de production tout en augmentant la productivité).
Bien entendu, en parler dans les dîners mondains (l'altermondialisme aux œufs d'esturgeon) ne fait que confiner au ridicule tant que les preuves ne sont pas admises.
Voilà que vous pourrez briller lors de ces dîners et en épater plus d'un.

L'explication principale s'explique à partir de 2 termes clés qu'il vous faut obligatoirement connaître (et que vous connaissez déjà si vous avez fait de l'économie au lycée comme à la fac): Le NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment. «taux de chômage non accélérateur d'inflation») et l'inflation (hausse du niveau général des prix dans l'inflation).

A l'origine était Philips, qui inventa la courbe qui porte dignement son nom. C'est très con, mais (c'est libéral) donc facile à comprendre: Moins il y a de chômage, plus le prix de l'emploi devient cher: Plus un bien est rare, plus il est cher. On peut aussi l'expliquer par la loi de l'offre et de la demande: Plus il y a de demandeurs et moins il y a d'offreurs de travail, plus ceux-ci peuvent faire valoir leurs exigences. Regardons bien autour de nous. Qui n'a pas accepté un "slave job" sous-payé? Plus le chômage est fort, moins on tend à demander un salaire "décent".

Mais regardons aussi l'inverse. C'est surtout intéressant pour les futurs cadre-sup, les patrons et les gros actionnaires: Moins il y a de chômage plus le coût du travail augmente. Ce qui signifie… Que les salaires augmentent… ce qui signifie que la consommation augmente, mais aussi que les produits sont plus chers, et donc que l'inflation est forte, et par conséquent, les profits se trouvent limités à leur part relative à l'inflation, si peuuuuuu intéressante, et ces profits sont limités aussi par la progression salariale: Une horreur!
C'est ce qui faisait dire à un conseiller d’Alain Juppé en 96: «Dans la conjoncture actuelle, il n’y a que la pression du chômage qui évite une embardée sociale. Une amélioration sur le terrain de l’emploi entraînerait fatalement une pression salariale que le pays ne peut se payer».
Comme si l'amélioration du niveau de vie était un processus diabolique…

Voilà pour l'idée de base qu'a chrématistik-man. Une fois ce constat effectué, il reste donc a réfléchir à la manière de rendre la chose scientifique. C'est là que le NAIRU fut inventé. Ce NAIRU explique qu'en dessous d'un certain seuil de chômage, l'inflation galope et "tue" l'économie. Il faut donc soigneusement veiller à ce que le chômage ne baisse pas trop.

"La profitabilité des entreprises restera structurellement élevée, grâce à la mondialisation, la productivité élevée, la faiblesse des créations d'emplois et la faiblesse des charges financières", Jean-Pierre Petit (Exane BNP-Paribas)

Mais je n'ai toujours pas expliqué en profondeur le rôle de pivot idéologique que joue l'inflation. Pour Friedman, le monétariste nobellisé en 76, l'inflation est dûe à trop de liquidités sur ce marché pour un nombre de biens trop faibles. Rappelez-vous seulement "trop de monnaies".
On peut alors dire sans exagérer que l'inflation gène proportionnellement les gens par rapport à leurs moyens. Une personne qui avait cent anciens francs sur un compte quand on est passés aux nouveaux francs n'a pas autant hurlé que celui qui avait mis un million… Bref, comme disait Keynes, L'inflation, c'est l'euthanasie des rentiers.

Guillaume de Baskerville (lenairu.free.fr) a été particulièrement attentif pour repérer de sublimes phrases de journalistes financiers, d'experts, de politiques, de cadres dirigeants de grandes entreprises à ce sujet: "Réciproquement, une baisse de l'inflation ne peut être obtenue qu'au prix de l'acceptation d'un taux de chômage supérieur au taux de chômage structurel pendant la période de désinflation.
Pour donner un ordre de grandeur on estime que la valeur du "taux de sacrifice" est entre 2 et 3% : pour réduire l'inflation de 1%, il faut tolérer une augmentation du taux de chômage de 2 ou 3% pendant un an, ou de 1% pendant 2 ou 3 ans. C'est la forme moderne de la courbe de Phillips, parfois évoquée dans les journaux, qui représente les variations de l'inflation en fonction du taux de chômage. Elle rend bien compte du processus de désinflation qu'a connu la France au milieu des années 80." Bernard Salanié (CREST, INSEE)

Il a donc fallu contrôler cette inflation qui menaçait tous les gens bien nés de notre pays (non, pas vous). Et c'est là que l'idéologie friedmanienne a atteint les pontes de l'économie de nos pays européens, et a permis de faire de la BCE un cheval de Troie. Pour le bas peuple, cet organe sert à contrôler l'inflation donc les prix, et pour les riches, il sert à assurer les profits faramaineux. Imaginez maintenant que cette classe sociale particulièrement aisée, qui fait partie du même régime que le commun des mortels, soumis à la dictature de l'intérêt général par une soumission politique et juridique à un Etat-Nation trouve le moyen de faire de ce cheval de Troie, en dehors des batailles politiciennes, un être éthéré et pur qui servirait d'autant plus l'intérêt général qu'il serait indépendant, totalement à l'extérieur du système, sans aucun contrôle possible. Alors il pourrait agir en toute impunité pour servir les intérêts de sa classe, bien limitée il faut le dire.
Et c'est le cas, la BCE est indépendante.
Son rôle est, dans un premier temps, de lutter contre l'inflation et dans un second temps de contrôler la masse monétaire.

En ce qui concerne le premier point, le premier bémol est de savoir distinguer 2 formes d'inflation, que les médias et les experts se plaisent à confondre pour leur plus grand plaisir.
La définition donnée en début de thread n'est qu'une sphère idéale, et sûre que si le taux que les médias évoquent représentait la hausse de tous les prix, on frissonerait. Mais l'on doit savamment distinguer ce qui relève des prix, et ce qui relève de l'investissement. Ainsi, le taux d'inflation évoqué dans les médias est celui des prix à la consommation et ne prend pas en compte... les placements boursiers et l'immobilier, bref, tout ce qui relève de la spéculation!

Ainsi, si l'immobilier ou le CAC 40 souffrent d'une inflation énorme et tuent à petit feu les ménages modestes, c'est de la bonne inflation, qui fait gagner plus d'argent aux riches. En gros, la bonne inflation, c'est la croissance actuelle du capital sur les salaires, et la mauvaise inflation serait donc la progression des salaires. Rassurez-vous: la mauvaise inflation est faible, et vue la croissance des prix de l'immobilier, la bonne inflation nous protège.

Quant au second point, le contrôle de la masse monétaire (l'origine supposée de l'inflation), il est étrange que celle-ci progresse de presque 10% chaque année en Europe et représente 1000 milliards d'euros mis en circulation depuis 1998. Il y aurait deux manières de l'expliquer: Ou bien une inflation (mauvaise) énorme, ou alors une croissance économique énorme. Mais il ne s'agit ni de l'un, ni de l'autre. Car ces liquidités sont directement injectées dans la "bonne inflation", immobilier et finances, servant à enrichir un peu plus les pauvres richissimes.
Et la droite tente toujours de nous faire croire qu'il n'y a pas d'argent en France pour prendre les mesures d'urgence qui s'imposent…
Car c'est bien aux bulles spéculatives (enfin, plutôt à ceux qui y sont bien!), comme l'immobilier que cela profite. La planche à billets va directement à l'élite qui s'en sert à qui mieux mieux!
C'est donc en essayant de limiter la "mauvaise inflation" que certains favorisent la "bonne inflation".

A cela, nous pouvons ajouter que bizarrement les dépenses gouvernementales en faveur de l'emploi ont constamment baissé depuis 2001, malgré la volonté de ce gouvernement et du précédent de lutter activement contre le chômage! Je signale quand même qu'il y a plus de 4 millions de chômeurs en france et 7 millions de travailleurs pauvres. Il y a donc, si l'on prend en compte le fait que les pauvres se mettent en couple, ont des enfants, etc., 1/3 des français qui vit sous le seuil de pauvreté afin de permettre à certains ultra-riches de s'enrichir grassement...

« Les réformes structurelles, qui commencent par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés » . (OCDE, rapport de 2005)
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MessageSujet: Re: une autre vision du chômage   Dim 26 Aoû 2007 - 23:53

Citation :
C'est ce qui faisait dire à un conseiller d’Alain Juppé en 96: «Dans la conjoncture actuelle, il n’y a que la pression du chômage qui évite une embardée sociale. Une amélioration sur le terrain de l’emploi entraînerait fatalement une pression salariale que le pays ne peut se payer».
Comme si l'amélioration du niveau de vie était un processus diabolique…

L'essentiel vous échappe : si les salaires augmentent, mais que l'inflation le fait plus encore, le niveau de vie DIMINUE.

La suite est idiote. Le chômage ruine l'Etat, qui doit à son tour écraser toute vélléité d'investisements productifs par des impôts accrus ... qu se répercutent bien entendu sur les prix.

En outre, le chômage est quasi sans incidence sur les barêmes salariaux, dans la mesure où grand nombre de chômeurs ne veulent ou ne peuvent travailler. La France crève sous les chômeurs, ... mais des centaines de milliers d'emplois restent vacants.

Bref, vos pétitions de principe expliquent que vous avez tout faux.
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lomig
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MessageSujet: Re: une autre vision du chômage   Lun 27 Aoû 2007 - 16:37

c'est toujours pas la peine d'attendre des arguments ici...
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MessageSujet: Re: une autre vision du chômage   Aujourd'hui à 0:46

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