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 Main invisible aux conséquences visibles

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Gfrey
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MessageSujet: Main invisible aux conséquences visibles   Dim 21 Jan 2007 - 1:55

On parle parfois des "auteurs intellectuels" d'un délit ou d'un crime, et la justice peut les sanctionner. En formulant une théorie d'organisation sociale, un penseur prend le risque qu'elle soit appliquée par ceux qui en ont le pouvoir et que, par ricochet, on lui impute la paternité de ses effets négatifs. Cela est arrivé à Marx, que l'Internationale libérale et les néo conservateurs- sans qu'ils n'aient souvent rien lu de l'auteur en question ont tentés de rendre rétrospectivement responsable des folies du stalinisme. Tout comme Rousseau et Voltaire étaient censés avoir engendré la Terreur. Cet exercice de déligitimation, cette politique de déformation des faits et de l'histoire est propre à tout régime, elles servent à justifier l'orientation politique de la classe dominante et de discréditer les opposants. Economistes, journalistes, publicistes, dirigeants d'institutions financières modélisent les pratiques des gouvernants en leur donnant le statut de "lois naturelles" grâce à une dialectique aux tonalités scientifiques, à un vernis de "raison et de logique" pas toujours mérités. C'est donc pour cela que j'ai décidé de m'intéressé à une pierre noire de l'idéologie libre-échangiste et qui est méconnue aujourd’hui : la grande famine de la jeune Irlande et ses 1.5 millions de victimes.
Au milieu du 19ème siècle, l'Irlande sous domination britannique a servit d'éprouvette pour un test grandeur nature des théories libérales énoncées par Smith, Bentham, Say, Malthus.
En cette période de l'histoire, deux événements majeurs allaient arriver en Irlande et deux hommes allaient définir quel serait le futur de l'Irlande après ces deux événements. Les deux événements en question sont l'abolition des droits de douane sur le blé qui symbolise le changement d'une politique protectionniste et étatique de l'autorité anglaise à une politique libre-échangiste pure et la grande famine d'Irlande; les deux hommes qui allaient déterminer le sort de l'Irlande après ces deux événements sont le conservateur sir Robert Peel et son successeur libéral lord John Russel. Le premier fut salué comme un véritable homme d'Etat qui sut faire preuve de "vision" et de "courage politique" en abolissant les "corn laws" en 1846 malgré l'opposition des intérêts agricoles fort influents, donnant ainsi l'impulsion au mouvement de libéralisation économique des échanges. Le second suscite l'admiration car il sut maintenir le cap de libre-échange.
En cette époque donc, l'Irlande subit un changement profond, tant au niveau intellectuel qu'économique. La révolution industrielle est devenue révolution intellectuelle. Industriels, bourgeois et marchands forment le socle philosophique, moral et financier de cette nouvelle société. La lutte des intérêts est considérée comme étant vecteur d'harmonie par les possédants, il faut donc veiller à ne pas entraver le déroulement de cette dernière : Smith le disait, il faut laisser libre court au marché, au mécanisme céleste de la loi de l'offre et de la demande ce qui se produit lorsque l'Etat n'intervient pas dans le domaine économique. C'est donc l'euphorie pour la bourgeoisie mondaine qui participe à la création d'un Etat neuf et moderne. Comme l'a démontré de manière magistrale l'historien Karl Polanyi, le laisser-faire est le résultat non d'un phénomène de génération spontanée, mais bien d'une politique volontariste et dogmatique qui veut soumettre tous les aspects de la société aux seules lois du marché (désencastrement de l'économie pour les connaisseurs). La bourgeoisie irlandaise se place donc alors comme les pourfendeurs du vieux monde, présentant leur combat comme étant celui des "idées" contre les "intérêts", celui de la science contre l'obscurantisme.
L'Irlande s'occupe de ses pauvres, du moins un peu. Il existe bien des lois sociales comme les "poor laws" qui donnent une petite avance en terme de revenus. Pour les vagabonds et les chômeurs on développe les "workhouses" qui font office de programmes d'aides sociale : c'est une sorte de bagne (que Charles Dickens immortalise dans une de ses oeuvres) où, privés de vos droits, on vous soumet à un régime de travaux forcés, avec le minimum pour vivre et où les coups et les violences sont monnaie courante. Le but est simple : si on rend la vie d'un chômeur plus dure que celle d'un ouvrier il mettra plus d'entrain à trouver un travail; comprenez il s'échinera plus sous peine de revenir.
Mais ce problème de société ne passionne pas, il ennuie même car le véritable engouement se situe dans le domaine économique avec le débat sur les "corn laws". Les économistes libéraux s'organisent contre cette ingérence étatique mettant en péril l'agriculture Irlandaise et apportant comme preuve la théorie de Ricardo sur les avantages comparatifs. Les industriels de Manchester, Richard Cobden en tête, mènent un combat acharné contre ces lois qui provoquaient une augmentation générale des importations et donc des coûts de production. La fièvre libre-échangiste gagne le royaume, dans la foulée d'audacieux propagandistes mettent sur pied le magazine "The Economist" en 1843 dans le but de promouvoir le libre-échangisme. Pour Cobden cette abolition abaissera les coûts de production et permettra donc une plus grande croissance, faisant de l'Angleterre le premier atelier du monde.
Pendant ce temps la population vit dans la misère quasi absolue, se bornant à cultiver quelques parcelles de terres, à travailler pour des propriétaires terriens domiciliés à Londres. En raison de la surpopulation et du manque de concurrence typique sur les marchés immobiliers, les loyers sont exorbitants et il ne reste plus qu'à la population que les pommes de terre relativement bon marché pour survivre. Mais en 1845 c'est le drame qui commence : une maladie de la plante salvatrice contamine toute l'île et plus de la moitié de la production est dévastée. Au cours des mois suivant la population meurt d'inanition. Le gouvernement conservateur de sir Robert Peel dépêche une commission d'experts scientifiques qui ne peut que constater les dégâts mais d'assurer que le pire est passé. En fait c'est loin d'être le cas. La population continue de périr de manière stupide et le mal qui semblait s'éteindre et disparaître à plusieurs reprises surgit toujours de plus belle et toujours plus ravageur; les maladies commencent à apparaître en raison des morts. La possibilité d'une malédiction est invoquée.
C'est alors que la bourgeoisie commence à prendre conscience de ce fléau qui ravage l'Irlande. Au nom du laissez faire on répugne à intervenir étatiquement, cherchant à décharger l'intervention sur les organisations de bénévoles, les oeuvre caritatives. Devant l'aggravation de la crise on met sur pied quelques programmes d'assistance publique telles que les soupes populaires et quelques menus travaux publics. La condition est simple : l'aide doit s'autofinancer. Déjà des voix s'élèvent contre cette ingérence collectiviste : "on essaye de faire entretenir par l'argent public des inactifs aux dépens du contribuable" entend on au parlement.
En 1847, en pleine année noire, 20% de la population irlandaise a déjà périt. Le gouvernement répond à ce triste constat : "Nous serons critiqués quoi qu'il arrive : si nous les laissons vivre, les économistes nous critiqueront; si nous les laissons mourir, les philanthropes nous critiqueront. Quel camp choisir ?". Celui qui rapporte le plus aux élections sera choisit : celui de la bourgeoisie; les crédits d'aide et les ébauches de plans sociaux seront mis au placard. Après avoir tenter de juguler le krach financier durant la même année on réclame l'austérité budgétaire. Le premier ministre qui estime que les crédits donnés à la population lui ont coûté des voix met fin aux programmes d'aide sociale en concluant par cette phrase : "Nous avons financé, investi, travaillé pour eux, nous les avons nourris, vêtus, et voici qu'ils nous paient en retour: ils se rebellent et nous diffament. Cessons donc de les aider. Voilà ce que pense le peuple anglais.". Il ne reste alors aux affamés que les bagnes des "workhouses" qui se transforment en morgues, les pauvres travaillant comme des forçats pour une bouchée de pain.
On s'émeut un peu, à l'occasion, du triste sort des pauvres, mais pas trop, en gardant ses distances. En réalité beaucoup considèrent cette famine comme un don du ciel, l'Irlande étant le pays qui connaissait la plus grande densité démographique d'Europe. La solution au "problème que beaucoup ne considère pas comme étant tel réside assurément dans le laissez faire : en quelques années la population sera réduite de moitié et un nouvel équilibre naîtra. De nombreux économistes classiques se félicitent de la saignée et certains vont même à penser que la divine Providence ne fait pas assez. Le haut fonctionnaire du trésor charger de gérer la crise irlandaise déclare : "le problème de la surpopulation ne pouvant être résolu par les hommes, c'est la Providence divine, dans toute sa sagesse qui s'en charge, de manière imprévue et inattendue mais avec grande efficacité"; et Nassau d’ajouter : "un million de morts suffirait à peine.". D'autres y voient le châtiment d'un peuple rebelle et paresseux, ingrat et catholique. Les plus dogmatiques y voient un dessein divin : le Très Haut donne à L'Irlande un chance de transformer son organisation sociale et économique.
Le peuple Irlandais est à bout et commence à s'organiser et à prendre les armes car ils ne sont pas rompus à la nouvelle science céleste qui cause leurs malheurs. Malgré la famine, l'Irlande continue d'exporter des denrées alimentaires vers des contrées plus solvables. Simple principe économique : les produits alimentaires sont plus rares, donc plus chers et hors d'atteinte pour la population irlandaise; il faut donc se tourner vers les classes plus aisées. Lorsque les masses affamées se lancent à la conquête des entrepôts bourrés de nourriture les autorités lancent les troupes et durcit les lois anticriminelles.
Au nom des même saints principes ont accélère le processus de libéralisation en facilitant l'expulsion par les propriétaires terriens des fermiers qui n'arrivent plus à payer leur loyer. Plus de 500.000 locataires sont expulsés en 3 ans. Pour transformer les terres cultivables en pâturages, les propriétaires incitent les anciens locataires à émigrer vers le nouveau monde à bord de "bateaux cercueils" où plus d'un passager sur six périra.
Si à Londres on tente d'ignorer la crise et ses conséquences, les fonctionnaires anglais en poste en Irlande sont horrifiés. Lord Clarendon critique la "froide politique d'extermination" engagée par son gouvernement. Le pasteur anglican Richard Townsend qui n'émouvra qu'une partie de la population anglaise affirme que le peuple irlandais est "victime de la politique la plus erronée qui soit, qui consiste à appliquer avec un excès criminel les principes d'économies politiques".
Gageons que cela ne se reproduira plus jamais, que les voix qui s'élèvent en faveur de telles mesures aujourd'hui ne sont que chimères et n'arriveront jamais aux faits, que les peuples ne seront plus aussi bêtes et les intellectuels si aveugles et gardons en conclusion cette phrase de James Fintan Lalor: "le droit à la propriété n'est pas celui de déposséder le peuple et de l'affamer, mais celui de lui permettre de vivre sur sa terre et de la posséder, de lui permettre de travailler et de respecter son travail, de lui permettre de vivre sans craindre le lendemain.".


Dernière édition par le Lun 29 Jan 2007 - 21:16, édité 2 fois
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fourmi
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MessageSujet: Re: Main invisible aux conséquences visibles   Dim 21 Jan 2007 - 11:27

Citation :
Le capitalisme sacrifie l’homme… Le stalinisme sacrifie les droits de l’Homme


J'aime beaucoup votre signature, non pour ce qu'elle dit, mais par ce qu'elle révèle.....

Il y a l'homme, individu de chair et d'esprit....

Cette chair a des besoins qui, s'ils sont satisfaits, apportent par leur satisfaction le bonheur à l'individu, un bonheur personnel , intime....
L'esprit alors est en repos, en extase, comme il pouvait l'être dans le ventre maternel, lorsque le milieu qui l'entourait était tout à son service....

Cette chair a des besoins qui, s'ils ne sont pas satisfaits, perturbent la quiétude extatique de l'esprit qui, alors , se met en branle pour tenter d'obtenir la satisfaction de ces besoins, satisfaction qui lui apportera de nouveau la quiétude extatique.

Tous les individus de notre humanité ont cette même dynamique et, parce qu'ils vivent en collectivité (famille, clan, nation,etc...) et ont conscience d'être de la même espèce, avec les mêmes asprirations fondamentales, ils cherchent à unir leurs volontés pour construire un environnement "organisé" qui pourrait apporter à chacun ce bonheur intime....

Au fil des époques, ces humains ont cherché à adapter au mieux leurs actions au monde qui les entourait.... mais leur connaissance de ce monde étaient imparfaites, insuffisantes, et ce, en dépit de messages pourtant forts laissés par leurs ancêtres.

Ils ont expérimenté le féodalisme, la royauté, l'impérialisme, la "démocratie", le capitalisme, le communisme..... tous systèmes qui ont fini par montrer leurs limites parce que reposant sur des bases encore incertaines, finissant même, étant concrétisés, par montrer leurs LACUNES.

En 2007, la connaissance de l'homme par l'homme est maintenant précise et on ne peut que constater qu'enfin l'humain devient "raisonnable", invoquant des Droits qui le protègent de tout collectivisme, mais avançant dans la voie d'un collectivisme à "visage humain."

Cordialment

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MessageSujet: Re: Main invisible aux conséquences visibles   Dim 21 Jan 2007 - 20:44

Citation :
Au fil des époques, ces humains ont cherché à adapter au mieux leurs actions au monde qui les entourait.... mais leur connaissance de ce monde étaient imparfaites, insuffisantes, et ce, en dépit de messages pourtant forts laissés par leurs ancêtres.
Le tout n'est pas simplement de se baser sur le passé pour définir le futur, Kierkegaard disait déjà dans les environs de 1840: "On ne peut comprendre la vie qu'en regardant en arrière ; on ne peut la vivre qu'en regardant en avant.". L'Homme doit se nourrir de l'héritage du passé mais doit en même temps révolutionner sa vue du monde qui l'entoure, de ses rouages et mécanismes, penser, réfléchir à un modèle de société qui tend toujours plus vers l'idéal. Car il n'existe pas de schémas prédéfinit qui permettent d'accéder à ce monde meilleur dont nous rêvons tous; la seule solution est d'avancer en évitant les erreurs passées et en gérant au mieux les nouveaux dangers qu'entraîne cet avancement. C'est par ce calcul que le monde avance: la destruction créatrice.
Citation :
tous systèmes qui ont fini par montrer leurs limites parce que reposant sur des bases encore incertaines, finissant même, étant concrétisés, par montrer leurs LACUNES.
Pensés par l'Homme, ces systèmes doivent êtres à son image: imparfaits.
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MessageSujet: Re: Main invisible aux conséquences visibles   Dim 21 Jan 2007 - 21:58

Citation :
Citation :
Au fil des époques, ces humains ont cherché à adapter au mieux leurs actions au monde qui les entourait.... mais leur connaissance de ce monde étaient imparfaites, insuffisantes, et ce, en dépit de messages pourtant forts laissés par leurs ancêtres.
Le tout n'est pas simplement de se baser sur le passé pour définir le futur, Kierkegaard disait déjà dans les environs de 1840: "On ne peut comprendre la vie qu'en regardant en arrière ; on ne peut la vivre qu'en regardant en avant.". L'Homme doit se nourrir de l'héritage du passé mais doit en même temps révolutionner sa vue du monde qui l'entoure, de ses rouages et mécanismes, penser, réfléchir à un modèle de société qui tend toujours plus vers l'idéal. Car il n'existe pas de schémas prédéfini qui permettent d'accéder à ce monde meilleur dont nous rêvons tous; la seule solution est d'avancer en évitant les erreurs passées et en gérant au mieux les nouveaux dangers qu'entraîne cet avancement.


En quels autres lieux et mots ai-je dit quoique ce soit de différent ?????

Ce monde meilleur est à NOTRE portée si nous décidons de faire ce qu'il faut pour qu'il existât !!!!



Citation :
C'est par ce calcul que le monde avance: la destruction créatrice.
Citation :
tous systèmes qui ont fini par montrer leurs limites parce que reposant sur des bases encore incertaines, finissant même, étant concrétisés, par montrer leurs LACUNES.
Pensés par l'Homme, ces systèmes doivent être à son image: imparfaits.


Là encore, je ne dis rien d'autre : les hommes ont "divinisés" des systèmes qu'ils ont affirmés être inspirés par "dieu".... alors qu'ils n'étaient inspirés que par des hommes inspirés par une "force supérieure" qui leur dictait des conduites, des pensées, des chemins....

Ces conduites, ces pensées, ces chemins ont montré leurs limites....



Il faut aller au-delà de ces "croyances limitantes"....



Je suis "au-delà" de ces limites et je me contente de vous montrer le chemin qui me permet de vivre, au quotidien, le PARADIS.......d'où je vous contemple, humains empêtrés dans vos contradictions, alors que je vis la simplicité, l'harmonie avec cette nature qui, en définitive, est notre "mère" à tous !

Mais vous êtes, les uns et les autres, LIBRES de rester dans votre chemin....qui vous conduit "droit dans le mur"', mais en klaxonnant !!!!!!!!!!!!!!!!..... ce qui vous donne "bonne conscience".......

"Je me pète la gueule, c'est vrai, mais je le fais avec GLOIRE!!!!!!!!!!!!" est votre discours......

J'entends et je ris : dans tous les cas, vous vous pètez la gueule, PAS MOI.... mais , en ce qui me concerne, je ne dis rien, je prends mon pied !...... pas VOUS !!!!!!!!!!!!

Cordialement

fourmi
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MessageSujet: Re: Main invisible aux conséquences visibles   Dim 21 Jan 2007 - 23:15

Si je puis me permettre, Smith et Bentham sont des classiques et non des libéraux, et dire qu'ils sont à l'origine des dérives libérales est une erreur d'interprétation.

La main invisible est une théorie qui sort du contexte de Smith, puisque son ouvrage sur la théorie des sentiments moraux va a contre sens de cela. Je rajouterais que Smith à écrit ceci: "Pourquoi avoir plus qu'un quignon de pain et une masure? Pour être regardé".

Est-ce là la raison des dérives du libéralisme?


Quand à Bentham il fait passer le bonheur collectif comme la somme des bonheurs individuels et proposent une intervention certes limitée de l'état mais une intervention quand même pour allez dans un intérêt commun.

Alors au moins sur ces deux auteurs je ne peux pas vous laissez dire qu'ils sont libéraux.
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Gfrey
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MessageSujet: Re: Main invisible aux conséquences visibles   Lun 22 Jan 2007 - 0:36

Citation :
Si je puis me permettre, Smith et Bentham sont des classiques et non des libéraux, et dire qu'ils sont à l'origine des dérives libérales est une erreur d'interprétation.
Les économistes classiques sont les pères de l'économie capitaliste libérale: les racines du libéralisme sont avant tout les théories classiques. L'économie classique est morte en 1929 et est revenue sous la forme de l'économie néo-classique et monétariste, toutes deux ayant étés faites pièces maîtresses du libéralisme contemporain.
Citation :
La main invisible est une théorie qui sort du contexte de Smith, puisque son ouvrage sur la théorie des sentiments moraux va a contre sens de cela.
Je ne comprend pas bien...Smith est l'inventeur de ce concept farfelu et à toujours maintenu que celui-ci était la base de toutes les lois économiques dans une économie de marché. Certains reprochent à Smith une contradiction dans ces études, contradiction entre "La richesse des nations" et la " Théorie des sentiments moraux" mais il suffit de lire "La fable des abeilles" pour obtenir une vision claire de ce que devait être la société pour Adam Smith.
Citation :
Est-ce là la raison des dérives du libéralisme?
Le libéralisme se basant sur une théorie physiquement irréalisable dont l'application amène aux pires excès je suppose que c'est dans ses contradictions que réside la cause ses dérives.
A mon sens le libéralisme comporte sa fin en lui même dans la mesure où, épousant le système capitaliste, il est condamné à être remplacé à terme par un système alternatif pour une durée courte ou longue; cela dépendra du choc qui servira de catalyseur.
Citation :
Quand à Bentham il fait passer le bonheur collectif comme la somme des bonheurs individuels et proposent une intervention certes limitée de l'état mais une intervention quand même pour allez dans un intérêt commun.
Oui c'est juste; mais l'utilitarisme qui est sa doctrine présice bien que le choix des Hommes doit être entravé le moins que faire se peut, dans toutes les sphères de la société par n'importe quelle régulation qui irai dans vers le chemin de la justice sociale ou de l'organisation politique décidée par certains...Sur bien des points les théories de Bentham m'apparaîssent comme étant une copie de celles de Hayek avec quelque modération et embellissement en plus.
Sinon le revenu minimal ne servait pas à subvenir aux besoins vitaux de l'Homme mais bien à investir dans l'économie; c'est une sorte de "revenu citoyen" dévelopé par les libéraux de la génération Friedman...Une plaisanterie...
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stephane
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MessageSujet: Re: Main invisible aux conséquences visibles   Lun 29 Jan 2007 - 1:44

Gfrey a écrit:
Economistes, journalistes, publicistes, dirigeants d'institutions financières modélisent les pratiques des gouvernants en leur donnant le statut de "lois naturelles" grâce à une dialectique aux tonalités scientifiques, à un vernis de "raison et de logique" pas toujours mérités.
L'application à l'homme d'une théorie mathématique marche si et seulement si tout le monde l'adopte, elle marche pour le but fixé et à la condition de respcter les hypothèses. Si le but fixé est la maximisation des profits (modèle choisie par ceux qui jouent à la bourse) alors les joueurs choisissent de respecter les hypothèses, et le modèle marche. Par contre, la théorie libérale à une fellure grave dans son application: des hypothèses impossibles à respecter: le modèle libérale ne peut pas marcher de la manière prévue par ses fondateurs. Comme le communisme, le libéralisme appliqué stricto sensu, marche. Le problème est que ses hypothèses de bases sont bien plus éloignés de la réalité humaine que celles du communisme.
PS: bravo Gfrey pour l'article!!!

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Gfrey
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MessageSujet: Re: Main invisible aux conséquences visibles   Lun 29 Jan 2007 - 21:56

Citation :
Par contre, la théorie libérale à une fellure grave dans son application: des hypothèses impossibles à respecter: le modèle libérale ne peut pas marcher de la manière prévue par ses fondateurs.
Le libéralisme est un modèle d'organisation sociale et économique de la société qui comporte des points plus que positifs au niveau de l'organisation politique mais des points plus que négatifs au niveau de l'organisation sociale de la société dans la mesure où il se base sur le principe d'une organisation naturelle et céleste résultant d'une collusion d'intérêts contradictoires et d'actions individuelles et égoïstes. Cela est impossible physiquement dans la mesure où ce système ce veut décentralisé à l'extrême et anarchique dans son organisation. Une telle pensée qui se base sur le principe d'une économie de marché ne peut réussir qu'en respectant un nombre de points, d'impératifs sociologiques et économiques en ne s'y écartant pas ne fut ce qu'un court instant. Sans ce qu'on appelle la concurrence pure et parfaite, les diverses contraintes venant des possiblités (matérielles, prévisionelles, sociales,...) ainsi et surtout une raison humaine rigoureuse et mathématique qui n'en est pas une. Sans cela l'équilibre parfait, le cycle vertueux devient rapidement un outil d'exercice de coercition sur certains et un moteur d'enrichissement pour d'autres. Les thèses néoclassiques comportent une grande part de croyance pieuse (comme pour toutes les théories économiques d'ailleurs); l'erreur néoclassique est de raisoner en termes de perfection dans un système imparfait; Keynes l'a bien montré et le daisait: "d'un côté il y à ceux qui croient qu'à long terme le système économique s'ajuste de lui même, non sans grincements et saccades, ni sans être interrompu par des contretemps, des interférences, des erreurs,...De l'autre il y à ceux qui rejettent l'idée que le système économique puisse sérieusement s'ajuster tout seul. La croyance dans le premier amène aux deux vices qui marquent notre système économique actuel: l'absence de plein emploi et la répartition arbitraire et injuste des richesses".
Citation :
PS: bravo Gfrey pour l'article!!!
Certains éditorialistes méconnus m'ont bien aidés; je n'ai fais qu'ajouter quelques détails et mettre un peu de fluidité dans leurs discours...
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