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 chat with segolène

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stephane
Calife


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Date d'inscription : 20/12/2005

MessageSujet: chat with segolène   Mar 30 Mai 2006 - 18:26

Ségolène_Royal : D'abord bonjour à tous et merci d'etre présents nombreux à ce dialogue en ligne.

Ségolène_Royal : Ce qui est évident : c'est que la plus forte attente des francais à l'égard des dirigeants, c'est la lutte contre le chomage. Cette exigence dépasse aujourd'hui toutes les autres. D'autres pays d'Europe ont réussi à baisser leur taux de chomage en dessous des 5 %. C'est donc possible d'y parvenir. Les leviers que vous évoquez doivent etre tous utilisés. J'en vois un autre qui peut etre très efficace, c'est la mobilisation des régions autour de l'effort de formation professionnelle et d'investissement dans les innovations. Le problème du chomage ne vient pas d'une stagnation de l'offre d'emploi puisque 10 000 emplois nouveaux se créent chaque jour en France, sans parler des départs à la retraite qui libèrent des emplois. Ce qui empêche les chômeurs d'un coté et les secteurs en pénurie de l'autre de se rencontrer, c'est d'abord l'inadéquation de la qualification des chômeurs aux besoins des employeurs potentiels. Et ce problème ne peut se régler qu'en grande proximité au niveau des bassins d'emploi et donc des régions qui maitrisent les financements de la formation professionnelles.

santiago : Pensez vous, Madame, que le marché français du travail doit être flexibilisé ? Comment lutterez vous contre le chômage sans précariser l’emploi ?

Ségolène_Royal : Je pense que c'est la demande d'emploi qui doit faire preuve d'agilité car c'est la rigidité de la formation initiale et continue d'une part et la rigidité du système d'accompagnement des demandeurs d'emploi d'autre part qui créent le chômage structurel. Je voudrai illustrer ce propos par 2 exemples : 1/ On compte aujourd'hui 246 000 étudiants dans la filière "sciences humaines" contre seulement 107 000 dans la filière "formation d'ingénieurs" dont l'industrie manque pourtant cruellement. 2/ Le budget annule de l'ANPE est de 2 milliards d'Euros à comparer aux 800 millions de dollars par an (650 millions d'Euros) que dépense le leader mondial d'offre d'emploi par internet pour publier en ligne 46 millions de candidatures et collecter les offres d'emploi de 3 millions d'entreprises clientes. Donc il faut une réforme profonde de l'ANPE pour lui demander d'assurer une politique volontariste d'adaptation des qualifications aux besoins des entreprises accompagnée d'un plan de formation obligatoire qui ouvre droit au maintien du salaire en cas de perte d'emploi. C'est ca la sécurisation ! Il n'y a aucune fatalité à la puissance politique face au chômage. Je suis convaincue qu'un cerclue vertueux est possible en France au prix d'une mobilisation des collectivités locales, d'une refondation des services chargés de l'emploi et d'un renforcement d'un dialogue social par branche et par bassin d'emploi.

jmn : 10000 emplois nouveaux par jour... ? combien en moins ???

Ségolène_Royal : A peu près autant. C'est bien le probleme : car si les formations professionnelles et les compétences permettaient de raccourcir le délai du passage d'un emploi à un autre, le chomage baisserait ; avec un solde positif du fait des départs à la retraite et parce que la dynamique de l'emploi fait que dès que les nouveaux emplois sont pourvus il s'en crée automatiquement d'autres.

francoisegovare@hotmail.com : J'ai 50 ans, beaucoup de diplômes, une jolie carrière en France et à l'étranger dans le marketing… Mais, en France, je suis trop vieille, selon les chasseurs de tête. Comment lutter ? Légiférer, faire évoluer les mentalités, faire des contrats spécifiques ? Quelles sont vos idées, vous qui êtes dans cette tranche d'âge ?

Ségolène_Royal : La France présente cette absurde caractéristique d'avoir le taux de chomage des jeunes le plus élevé et le taux des plus de 50 ans le plus élevé également, c'est à dire un immense gaspillage aux deux extremités de la pyramide des ages. J'ai lancé dans ma région une action spécifique sur le chomage des femmes de plus de 50 ans et notamment pour les faire accéder à des métiers considérés comme non traditionnellement "féminins" grâce à un chèque formation de 1000 euros par femme qui leur permet de choisir les modules de formation correspondant à leur besoin, plutot que de les bloquer dans des filières toutes faites qui ne débouchent pas. Elles peuvent ainsi négocier avec l'entreprise, en fonction de leur bilan de compétences, ce dont elles ont besoin. C'est un travail de longue haleine mais qui porte ses fruits. Je les encourage à créer leur activité en leur disant qu'à tout age on peut réinventer sa vie. Elles peuvent avoir 10 000 euros pour créer une petite activité ( commerce, artisanat, services, service à la personne, etc.) Et ca marche !

Janine F. : Quelles sont vos intentions concernant les jeunes : école, université, apprentissage, chômage… Pensez-vous que l’université prépare bien à la vie active ?

Ségolène_Royal : Pour les jeunes il faut développer les parcours d'acces à la vie active avec des contrats de professionnalisation, développer l'apprentissage pour des jeunes développés de l'enseignement supérieurs qui se sont engagés dans des filières sans issue. 40 % des étudiants sortent de l'université sans diplome : c'est un gachis insupportable. Je crois qu'il faut être plus directif lors de l'orientation car c'est de l'intérêt même des jeunes de ne pas être "bernés" par des promesses sans lendemain. Pour les jeunes tres défavorisés, la suppression des parcours TRACE a été une grave erreur, il faudra rétablir quelque choses d'équivalent. Enfin, il faut régler le probleme du logement des jeunes et développer massivement les cités universitaires ouvertes également aux jeunes travailleurs. La aussi, je suis pour la décentralisation de ce chantier aux régions.

ASIC : Bonjour, vous allez proposer de rendre obligatoire, pour un salarié, l'adhésion à un syndicat. Je comprends bien la finalité : donner plus de représentativité aux syndicats et apaiser le dialogue social. Cependant ne pensez-vous que cette obligation soit anti-démocratique voir dictatoriale ? Sinon, pourquoi ne pas imposer d'adhérer à un parti politique (certainement plus représentatifs de la diversité d'opinion que les syndicats) ? Ou alors, pourquoi ne pas créer un syndicat neutre, qui s'engagerait à n'avoir aucun avis et qui accepterait les adhésions de tous ceux qui ne souhaitent pas adhérer aux autres syndicats ?

Ségolène_Royal : Il y a 2 problèmes auxquels il faut répondre : si l'on veut que le contrat entre les salariés, les entreprises et l'Etat prennent le pas sur la loi, alors il faut des syndicats qui ont de nombreux adhérents pour peser dans la négociation et pour permettre quand c'est nécessaire, des convergences. C'est l'intérêt de la France. Cela éviterait aussi de s'enliser dans des conflits tels que le CPE car avec un syndicalisme fort jamais le gouvernement ne se serait obstiné de cette facon. Dans certains pays l'adhésion est quasi obligatoire au sens ou elle est couplée avec l'assurance chômage ou l'assurance sur les accidents du travail. C'est ainsi qu'en Suède le taux de syndicalisation est de 80 % contre 8 % en France. Et le chomage est inférieur à 5 %! Je crois que c'est lié... et que les entreprises ont compris qu'un syndicalisme fort permettait aussi d'établir des accords intelligents permettant aux entreprises d'aller de l'avant tout en étant responsable socialement. Le débat est ouvert. Il faudra le traiter avec les organisations syndicales qui estiment que c'est aussi en donnant plus d'utilisé au syndicalisme qu'on développera les adhésions. Il faut aussi regarder la légitimité électorale qui est plus importante que le taux de syndicalisation et en effet on se rend compte que lorsqu'il y a un enjeu les salariés viennent voter. Il faut donc renforcer les obligations annuelles de négocier dans les entreprises.

raymond : Dans le programme socialiste, j'entends parler ici ou là d'une augmentation de la CSG ou de l’impôt sur le revenu. Qu’en est-il exactement ? Etes-vous pour une fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG ? Peut-on les augmenter sans risque pour l’économie ?

Ségolène_Royal : Le projet du PS prévoit la fusion de l'impot sur le revenu et de la CSG pour donner de la visibilité et de la cohérence au prélévement fiscal. Ce n'est pas une réforme facile à faire puisque l'avantage de l'impot sur le revenu c'est qu'il est progressif. Je pense qu'il faudra surtout transférer de l'impot national vers les régions et les départements en leur demandant de rendre des comptes sur les services rendus. Il y a là, à mon avis, une source importante de lutte contre les gaspillages, les double-emplois, les circuits de financement opaques. 1 euro dépensé doit etre 1 euro utile. Des plans de lutte contre les gaspillages doivent etre réalisés tous les ans. Et enfin, si l'on veut que les citoyens acceptent mieux l'impôt, il faut faire du budget participartif c'est à dire faire voter sur une partie de l'utilisation de l'impôt. Je le fais dans les lycées de la région, les gens sont à la fois économes et judicieux dans le choix de la dépense, et généreux quand il le faut.

andré beltran : La loi Fillon prévoit un " rendez-vous " sur les retraites en 2008. Comment un gouvernement de "gauche" y ira-t-il ? Durée de cotisation à revoir ? Négociation pour les métiers pénibles ? Suppression de la décote ? Pour le privé, peut-on revenir sur la réforme Balladur ?

Ségolène_Royal : La mise à jour de la réforme des retraites doit se faire en tout état de cause avec le maintien du système par répartition. Des injustices ont été commises par la réforme "Raffarin" notamment à l'égar des femmes et des salariés qui ont eu des interruptions d'activité. Vous avez vu que les pays voisins allongent les durées de cotisations de façon très inquiétantes, notamment en Grande Bretagne ou l'on parle de cotisation allant jusqu'à 46 ou 47 ans de durée : c'est à cause de l'effondrement du systeme des fonds de pension anglais. C'est dire à quel point notre système par répartition est précieux et qu'il faut l'aménager à la marge pour le préserver. Il faudra intégrer la pénibilité et l'espérance de vie comme critères pour moduler la durée de cotisation. Là aussi, c'est un débat constructif avec les représentants des salariés qui permettra j'en suis sure de déboucher sur des solutions solides.

Rahamia : Quelle serait la politique du logement d'une Ségolène présidente ?

Ségolène_Royal : Le projet du Parti Socialiste est très précis sur cette question cruciale : un " bouclier logement" sera institué pour limiter le coût des loyers à 25% des revenus des ménages modestes et moyens grâce à la revalorisation des aides et à la création d'un vaste secteur privé subventionné. J'ai parlé plus haut du chantier concernant le logement des jeunes que l'on pourrait confier aux régions. Il faut aussi maitriser la spéculation sur le foncier. Je le fais dans la région en ayant mis en place avec la Caisse des Dépôts un fonds qui permet aux communes d'acheter des terrains, la région paye les taux d'intérêts, pour construire des logements locatifs. Les terrains peuvent etre gelés pendant 4 ans. C'est efficace.

Elie Arié : Avant la mondialisation, la social-démocratie fonctionnait par la redistribution des richesses ( impôts et sécurité sociale, essentiellement). Aujourd’hui, le pouvoir d'achat de tous les Européens est voué à diminuer rapidement : nos grandes entreprises sont destinées à être rachetées par la Chine et l' Inde, avec qui nous ne pourrons jamais être compétitifs. À partir de là, quel socialisme, quelle social-démocratie, quelle redistribution des revenus dans un contexte d'appauvrissement général ? Quelle marge de manoeuvre pour le politique, à part la répartition de l’appauvrissement de façon plus ou moins égalitaire ?

Ségolène_Royal : Mais pourquoi ce fatalisme ?! Nous avons la capacité non seulement à résister mais aussi à concquérir : il faut d'abord créer des pôles industriels à taille européenne, il faut développer les pôles de compétitivité et enfin il faut investir massivement dans l'innovation et dans la recherche. Nous avons la capacité à relever tous ces défis, à réconcilier les français avec les entreprises, à développer l'esprit de conquête et celui d'entreprendre. Un exemple qui va vous amuser 3 mais qui est très sérieux 2 : la charentaise fabriquée dans ma région a failli être totalement délocalisée en Chine. J'ai réuni les 5 dernières entreprises qui la fabriquaient en leur disant qu'il n'en était pas question. Elles se sont secouées, ont relooké leur charentaise qui désormais s'exporte... au Japon ! Pour les encourager, j'ai passé un marché pour équiper tous les élèves des internats de la région à la prochaine rentrée pour un montant de 80 000 euros. Je ne désespère pas d'équiper les élèves des toutes les régions de France et pourquoi pas de toute l'Europe, et après.... les chinois ! 3))
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MessageSujet: Re: chat with segolène   Mer 31 Mai 2006 - 1:37

just eun mot face à une question conne: c'est pas dictatorial d'obliger quelqu'un à faire partie d'un syndicat?

Pourquoi, on t'a demandé ton avi pour ta nationalité??? tu ne te fais donc jamais d'avis dans la vie? Tu es si peu politisé que tu ne sais pas si le chômage est le fait des chômeurs qui sont profondément cons et malveillants ou s'il est du à des circonstances économiques et sociales, voire politiques?
Bon sang, trouve run syndicat, c'est à la portée du premier venu.

C'est comme en Belgique où le droit de vote est obligatoire... "Oui, mais si je trouve personne pour qui voter?" tu fais comme tout le monde: ou un bulletin bidon, ou un bulletin blanc.

Franchement, y'a des questions cons...
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stephane
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MessageSujet: Re: chat with segolène   Jeu 1 Juin 2006 - 20:34

C'est vrai que l'idée de rendre obligatoire l'adhesion à un syndicat est très osée, mais pas bète du tout.
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lekhan
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MessageSujet: Re: chat with segolène   Mar 20 Juin 2006 - 17:33

elle est bête dans l'état actuel des choses, vu que nos syndicats sont totalements hérétiques et dépassés.Si on crée de vrai syndicat, et il y a du boulot, là c'est intéressant. La notion d'obligation est quand même génante. Mais je pense qu'elle a des réminisences de 1936 Rolling Eyes
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